• 5. Travail de réflexion sur la l'apprentissage de la démocratie à l'école selon Daniel Latouche

              Le texte «La démocratie s’apprend-elle comme les mathématiques?» par le journaliste et professeur à l’Institut national de recherche scientifique Daniel Latouche m’a inspiré dès les premières pages plusieurs questions.

                Premièrement, est-ce qu’il est pertinent d’apprendre la démocratie à l’école et est-ce que cela s’apprend réellement comme les mathématiques comme Daniel Latouche semble vouloir suggérer?

                Personnellement, je suis d’accord qu’il faut enseigner aux élèves ce qu’est la démocratie – autant qu’il faut enseigner ce que sont par exemple l’anarchie, la monarchie ou les différentes formes de dictature. Il faut montrer les avantages et les limites de chacune des formes d’État tout en les prouvant avec des exemples concrets et faciles à digérer pour les élèves. Ce qu’il ne faut surtout pas faire est de vanter aveuglement son système comme le seul fonctionnel et comme le meilleur dans le monde car cela n’est que la même forme de propagande que les systèmes démocratiques reprochent eux-mêmes aux systèmes autoritaires et totalitaires. Il est important que l’enseignement soit des plus diversifiés et neutres en ce qui concerne la question délicate des différentes formes d’État. Il ne faut surtout pas imposer un point de vue. Ainsi, on peut comparer la question des différentes formes d’État avec celle de la religion. Alors que l’enseignement au Québec était encore strictement religieux il y a à peine cinquante ans, il est devenu de plus en plus laïque et ainsi ouvert avec le temps. Aujourd’hui, on présente les points forts et faibles de chaque forme de religion. Cela devrait être la même chose pour l’exposition des différentes formes d’État. Il ne faut surtout pas être superficiel est donner l’impression que tous les Canadiens sont des démocrates, que tous les Chinois sont des communistes et ainsi de suite et bien différencier entre un système politique et les habitants des différents pays. Lorsqu’on se met à critiquer certaines formes d’État, il faut en premier commencer par sa propre forme d’État ce qui n’est malheureusement pas encore le cas. En ce qui concerne cette problématique, l’enseignement québécois a donc encore beaucoup de chemin à faire. Enfin, la démocratie est bien plus qu’une forme d’État, mais bien une sorte de philosophie et une manière de penser et de vivre. Cela ne se compare pas du tout avec les mathématiques qui sont une matière beaucoup plus scientifique basée sur des faits.

                Ensuite, l’auteur énonce plus loin que «vivre à l’école, c’est apprendre à faire face à l’injustice et aux privilèges». Il dit même que «l’école, c’est l’inégalité institutionnalisée».

                Je suis complètement en désaccord avec ces propos et aussi avec les exemples que l’auteur tente de donner par la suite pour prouver son discours qui me semble être trop populiste. L’école est un microcosme représentant la société dans laquelle on vit, mais il est beaucoup plus juste que la vie adulte. Il est certain que certains enseignants peuvent encore porter préjuger face à certains élèves en raison de leurs ethnicités, leurs conviction religieuses, leurs styles vestimentaires ou autres, mais cette tendance s’est vraiment beaucoup améliorée depuis la révolution tranquille au Québec et une enseignante ou un enseignant qui démontre trop ses préjugés sera rapidement mis à l’ordre. De plus, l’école n’est certainement pas une forme d’inégalité institutionnalisée. Au contraire, l’école récompense ceux qui s’impliquent davantage aux niveaux intellectuel et social tout en montrant aux élèves en problème le bon exemple en se souciant de leur avenir. L’école offre de l’aide aux élèves en difficulté en se soucie généralement de la réussite de toutes et tous. Dans la vie de tous les jours, les personnes impliquées ne seront pas toujours assez valorisées, ceux qui démontrent des comportements fautifs seront souvent laissés à eux-mêmes et les différentes forces et faibles seront souvent peu soignées et ressorties.

                Encore un peu plus loin, l’auteur souligne que l’école n’est pas vraiment un milieu démocratique. Selon moi, il ne faut surtout pas confondre démocratie et liberté ou même anarchie. En tant que telle, l’école est une institution beaucoup plus démocratique que la vie d’adulte de tous les jours. Dans la plupart des écoles, il y a davantage de liberté en ce qui concerne par exemple le style vestimentaire, les élèves peuvent facilement se rassembler et porter plainte contre une enseignante ou contre un enseignant sans subir de conséquences injustes, ils ont un bon nombre de matières optionnels  ou encore des matières à différents niveaux qu’ils peuvent choisir assez librement et ainsi de suite. Il est évident qu’aucun système d’éducation est à cent pourcent parfaitement démocratique, mais ce serait une utopie d’y croire. Comme l’auteur le dit lui-même plus loin, l’école introduit les élèves à des concepts tels que le bien commun, le compromis, l’ouverture, la règle et la tolérance. Ce n’est qu’avec de telles balises et un bon équilibre qu’une saine démocratie peut fonctionner et le bien commun doit être autant valorisé que le bien individuel. D’un autre côté, une démocratie ne peut fonctionner sans démocrates et même si cette idée semble être contradictoire, il faut exiger avec vigueur une certaine participation de la part de l’équipe-école et de ses différents intervenants autant que de la part des élèves pour le présent et pour le futur et des parents pour que ce système fonctionne le plus possible. L’école constitue en quelque sorte une première expérience de démocratie pour les élèves. Ceux et celles qui sont d’avis que les écoles ne sont pas d’endroits démocratiques devraient même se poser la question si la société n’est pas encore moins démocratique et si cette forme d’État est réalisable d’une quelconque manière. Pour en conclure sur une note un peu plus ouverte et provocatrice, on pourrait même dire que ceux qui croient que les écoles ne sont pas démocratiques sont soit ignorant et ne savent pas ce que sont les valeurs de la démocratie soit tout simplement antidémocratiques.

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