• 6. Travail de réflexion sur la «Éducation interculturelle et éducation à la citoyenneté dans les nouveaux programmes québécois: une analyse critique» de Marie McAndrew

              Le texte «Éducation interculturelle et éducation à la citoyenneté dans les nouveaux programmes québécois: une analyse critique» de Marie McAndrew, qui est titulaire au Département d’administration et fondements de l’éducation de l’Université de Montréal, titulaire d’un doctorat en éducation comparée et en fondements de l’éducation et est spécialisée dans l’éducation des minorités et l’éducation interculturelle, était plutôt lourd à lire et il était difficile d’en cerner l’essentiel, mais après plusieurs lectures, il m’a néanmoins amené à songer à deux questions.

                D’abord, Marie McAndrew dit après avoir analysé les programmes d’éducation de plusieurs pays qu’il est possible d’énoncer au moins un ensemble de valeurs sur lesquelles les citoyens peuvent s’entendre. Je me suis posé la question s’il existait un ensemble de valeurs pour le Canada ou pour le Québec. Selon moi, il est difficile, sinon impossible d’énoncer des valeurs communes acceptées par une majorité de Québécois ou de Canadiens. Cela est d’abord lié au fait que l’histoire de la province et du pays est encore très jeune. Ensuite, contrairement à bien des pays européens plus jeunes comme l’Allemagne, ni le Canada, ni le Québec ont eu des épreuves communes à surmonter qui auraient soudé les communautés de la ou des nations telles qu’une occupation du territoire, la perte d’une guerre ou un miracle économique créé sous efforts communs. De plus, la province et le pays sont des terres d’immigration où de différentes cultures européennes, mais récemment aussi africaines, américo-latines et asiatiques ainsi que les cultures des différentes Premières Nations ont formé une énorme diversité sans prendre en compte la culture individualiste très forte en Amérique du Nord. Toutes ces composantes se laissent très difficilement résumer à quelques traits communs. Selon moi, il faudrait donc plutôt développer un programme d’enseignement qui se concentre sur les différentes cultures, nationalités et langues plutôt que de limiter ces richesses diverses en se  focalisant uniquement sur une seule culture ou en expliquant de façon très incomplète et trop sommaire chacune d’entre elles car une véritable citoyenneté canadienne ou québécoise est à nos jours de plus en plus impossible à définir dans un monde globalisé. Il n’est pas question d’assimiler les différentes cultures dont celles des Québécois et des Canadiens, mais d’établir plutôt un enseignement basé sur l’altérité au Québec et sur le multiculturalisme au Canada en général.

                L’auteure observe plus loin que le programme de l’éducation à la citoyenneté se réfère à plusieurs reprises au fait que l’élève aura à articuler son identité sociale par rapport à son identité individuelle sans qu’on précise s’il s’agit de l’identité civique ou de celle(s) liée(s) à un ou des sous-appartenances groupales. Je me suis donc posé la question si on peut aborder ce vaste sujet de l’identité à l’école dans une société de plus en plus individualiste. Je crois en fait qu’il est très important d’aborder ce sujet. Le passage à l’école aide l’élève à forger sa propre identité et il est important de lui proposer et non imposer des repères et de le faire réfléchir sur sa propre et unique personnalité dans une société offrant une panoplie de choix et de possibilité. L’enseignement du développement personnel tant du côté philosophique que pratique ne devrait pas disparaître des horaires scolaires, mais au contraire prendre une plus grande place.

                Enfin, l’auteure constate que l’enseignement de l’histoire est souvent influencé par des interprétations personnelles ou groupales biaisées. J’affirme ces propos car j’ai pu observer que certains manuels scolaires sont biaisés en ne montrant qu’un nombre de points de vue limités, par exemple dans le cas des manuels utilisés dans le cadre des cours de monde contemporain au Québec qui diffusent une vision écologiste et gauchiste sans toucher la vision opposée qui est plus capitaliste et conservatrice. De plus, j’ai rencontré plusieurs enseignants biaisés dans ma propre carrière scolaire allant de l’enseignant en quatrième secondaire qui disait devant ses élèves qu’il brûlerait le drapeau canadien s’il en voyait un en classe tout en affichant fièrement le drapeau québécois jusqu’au professeure d’université qui affiche de visions féministes et gauchistes dans son interprétation de l’histoire. Comment régler ce problème? Ici, il serait primordial de faire en sorte que la politique n’empiète pas ou sinon le moins possible sur l’enseignement. Il faudrait développer des manuels scolaires plus neutres qui diffusent non seulement une vision provinciale, mais aussi une vision fédérale, voir même mondiale. Les différentes maisons d’éditions devraient davantage consulter des experts venant d’autres provinces canadiennes et même d’autres continents tout en gardant bien évidemment le focus sur l’expertise québécoise. Selon moi, l’éducation ne devrait ni être uniquement centralisée par Ottawa, ni par Québec, mais faire preuve d’une collaboration étroite respectant les points de vue de chaque côté. En dehors de cela, les critères d’admission pour les enseignants devraient aujourd’hui impliquer une certaine neutralité professionnelle exigée de la part des commissions scolaires. Cela ne veut pas dire que l’enseignant devrait être encore plus critiqué et évalué durant sa carrière professionnelle, mais que l’on devrait être plus sévère au moment qu’on choisit d’engager un enseignant. Sinon, le métier d’enseignant devrait également être plus valorisé. Les salaires sont beaucoup trop bas en comparaison avec plusieurs autres provinces et notamment avec plusieurs pays européens ou occidentalisés et devraient connaître une hausse progressive. De plus, beaucoup d’enseignant se font explicitement décourager lors de leur passage universitaire et ne sont engagés que très tardivement de façon permanente ce qui affecte bien évidemment aussi l’attitude, la motivation et le professionnalisme des jeunes enseignants de façon très négative ce qui se reflète en dernière instance aussi dans la clientèle visée qui fait face à des problématiques telles que le décrochage. Il paraît logique qu’un bon nombre d’enseignants qui ont été perpétuellement démotivés durant leurs carrières peuvent démontrer des difficultés à motiver eux-mêmes leurs élèves en crises identitaires. Il ne faut certes pas négliger le développement personnel et professionnel perpétuel dans le but d’améliorer soi-même et le monde qui nous entoure, mais une société ayant une vision plus positiviste serait de mise et non une qui ne fait que de toujours mettre tout en question de façon majoritairement négativiste comme de nombreux experts et donc aussi l’auteure elle-même le font.

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