by Sebastian Kluth
Une autre équipe que je suis de près a besoin de soutien en ce moment: les Olympiques de Gatineau. La légendaire équipe pourrait risquer de ne pas se qualifier pour les séries éliminatoires pour la première fois depuis la saison 1983-84. L'équipe qui a gagné sept Coupes du Président, quatre Trophées Jean-Rougeau et une Coupe Mémorial occupe présentement la dix-septième place dans le classement général de la Ligue de hockey junior majeur du Québec et ce ne sont que les seize meilleures équipes sur dix-huit qui se qualifieront pour les séries éliminatoires à la fin du mois de mars.

Il y a plusieurs raisons derrière ce déclin à mon avis. L'équipe est présentement en train de se restructurer et rebâtir et vit ainsi une année transitoire après les départs successifs de plusieurs joueurs vedettes. L'équipe a récemment fait quelques transactions prometteuses, mais cela n'avait pas souvent été le cas précédemment. La direction de l'équipe n'avait pas toujours fait preuve de constance et ne semble pas avoir un plan précis pour l'avenir immédiat des Olympiques de Gatineau.
Benoît Groulx a récemment guidé l'équipe canadienne vers la victoire de la médaille d'or dans le Championnat du monde junior de hockey sur glace 2015 à Montréal et Toronto. Je lui offre mes sincères félicitations! C'est certainement une expérience valorisante pour lui, mais les médias ont néanmoins surévalué le travail de l'entraîneur d'une équipe remplie de vedettes mondiales hors paire jouant à domicile cette année. Ses entraînements ne semblent d'ailleurs pas être à la hauteur avec les Olympiques de Gatineau et en acceptant le rôle d'entraîneur-chef de l'équipe canadienne, Benoît Groulx a fait le choix d'abandonner son équipe régulière qui a encore moins bien joué durant son absence ce qui a empiré sa situation. Benoît Groulx semble vouloir tenter le saut dans les rangs professionnels à partir de la saison prochaine et sa réputation acquise grâce aux succès de l'équipe canadienne va sûrement jouer en sa faveur. On gagne un peu l'impression que l'entraîneur ne se dédie plus à cent pour cent à son équipe actuelle et qu'il préfère jouer son rôle de héros avec l'équipe nationale et préparer son avenir fructueux. Cela est légitime, mais cela n'aide pas son équipe. D'un autre côté, je me pose la question qui voudrait prendre un entraîner sous contrat qui aura peut-être raté les séries éliminatoires pour la première fois en plus de trente ans avec une équipe légendaire et couronnée de succès dans le circuit de la LHJMQ.
Les mauvais facteurs ne s'arrêtent pas là. De plus, le dossier du Centre Robert-Guertin n'avance toujours pas et l'équipe continue à jouer dans un aréna qui a très mal vieilli au lieu de déménager dans un nouvel aréna. La ville de Gatineau ne semble pas assez soutenir son équipe par rapport à ce dossier-là.

Un autre problème sont certainement les partisans qui comptent parmi les plus timides de la ligue et le nombre de visiteurs par match semble être en déclin aussi. Lors de l'affrontement entre les Olympiques de Gatineau et les Sea Dogs de Saint-Jean samedi dernier, il n'y avait que 2029 spectateurs dans l'aréna qui peut accueillir 3196. Il est certain que la franchise n'attirera pas autant de spectateurs que les Remparts de Québec ou les Mooseheads de Halifax qui attirent souvent plus de dix milles spectateurs par match, mais samedi dernier, c'était de loin le match le moins visité de la ligue et même les arénas les plus petits de la ligue comme ceux à Victoriaville ou à Baie-Comeau ont été beaucoup plus remplis. Les partisans étaient d'ailleurs pratiquement seulement composés de familles avec de très jeunes enfants, de vieux grincheux vivant dans le passé qui refusent toujours d'accepter que les Olympiques de Gatineau ne s'appellent plus les Olympiques de Hull (ce qui me fait penser aux nostalgiques regrettables qui n'arrêtent pas de parler d'un retour des Nordiques de Québec depuis vingt ans) et de partisans de l'équipe adverse ce qui faisait un mélange étrange qui ne collait pas. La plupart des spectateurs ont d'ailleurs prêté plus attention à l'animateur et à la mascotte qui essayaient de mettre un peu d'ambiance qu'à ce qui se passait réellement sur la glace.

Ensuite, il y a le jeu des Olympiques de Gatineau. Cela faisait un bout de temps que je n'étais pas allé les voir et j'étais négativement surpris par la qualité de jeu à la première période. Le nombre de revirements en zones neutre et défensive était incroyablement élevé. Les jeux de puissance étaient des plus inefficaces. De plus, je n'ai jamais vu une équipe qui a brisé autant de bâtons dans une seule période que les Olympiques de Gatineau en cette première période. Je me posais sincèrement la question si cela était lié aux qualités techniques très maladroites des nouveaux joueurs ou à une faiblesse flagrante de la qualité d'équipement. Ce qui était encore plus incroyable est que l'adversaire s'est dégradé à la qualité médiocre du match et n'a mené que par un seul but à la fin de la première période au lieu d'écraser l'équipe outaouaise.

Par la suite, il y avait enfin du positif. Après une première période désastreuse, les joueurs des Olympiques de Gatineau se sont donnés à fond pour préserver leur honneur et ont su surprendre l'adversaire qui n'avait certainement pas sa meilleure soirée non plus. Le nombre de pénalités inutiles de la part des Sea Dogs de Saint-Jean a certainement aidé, mais les Olympiques de Gatineau ont su provoquer leur adversaire trop émotionnel pour ensuite profiter de l'ambiance plus agressive sur la patinoire. Les deux dernières périodes n'ont pas seulement été très divertissantes et remplies de tensions, mais elles ont surtout donné de l'espoir en ce qui concerne l'esprit d'équipe et l'avenir sportif des Olympiques de Gatineau pour cette saison. Si l'équipe réussit à jouer plus souvent comme elle l'a faite durant les deux dernières périodes samedi denier, elle se qualifiera certainement encore pour les séries éliminatoires dans deux mois. Ces deux dernières périodes m'ont passionné et m'ont rendu un peu fier d'être un partisan de cette équipe. L'équipe a d'ailleurs célébré la victoire de façon déchaînée. Cette passion et volonté de la part des joueurs de se redresser et d'exceller dans la limite de leurs capacités m'a inspiré à aller retourner voir un match des Olympiques de Gatineau très prochainement. Ceci est aussi un appel aux autres partisans de hockey de la région. Cette équipe qui a plein de défis à relever a besoin de vous. J'espère fortement que le nombre désolant de 2029 spectateurs augmentera davantage lors du prochain match. Go Hull Go!