• Logo du groupe "The Old Dead Tree" (1997-2009)

    Bonjour et merci de prendre le temps pour cette petite entrevue d’un grand fan de vous. Vous venez tout juste de retourner sur scène avec votre prestation au Hellfest. Décrivez-nous en détail ce concert. Quelles chansons avez-vous joué? Comment étiez-vous accueilli? Quels étaient vos sentiments d’être enfin en mesure de donner un nouveau concert sous le nom de The Old Dead Tree?

    Nous avons interprété notre premier album, "The Nameless Disease", dans l'ordre et en intégralité. Nous avons eu la chance d'être accueilli par une foule dense et enthousiaste avoisinant les 10 000 personnes.

    Je dois avouer que lorsque j'ai émis l'idée de cette reformation temporaire je n'étais pas certain de l'attente du public. Ce concert m'a beaucoup rassuré. Je me rends compte de la chance que nous avons d'avoir pu rester dans l'esprit des gens malgré 5 années d'absence.

    The Old Dead Tree en concert en 2013

     

    Vous allez participer à deux autres festivals en France au cours de l’été. Quels sont ces festivals et quelles sont vos attentes?

    Nous sommes effectivement à l'affiche du Motocultor et du MFest cet été qui restent tout de même des événement moins gigantesques que le Hellfest qui a accueilli plus de 100 000 participants sur 3 jours. Le Motocultor est un festival en plein air dont la notoriété s'étend chaque année en France et qui accueille environ 20.000 festivaliers sur 3 jours. Nous y jouerons en compagnie de Therion, Exodus ou Annihilator. Le M Fest est, quant à lui, un jeune festival indoor plus centré sur les groupes français. Nous assurons la tête d'affiche du premier jour. Pour nous le Motocultor devrait se passer de manière similaire au Hellfest. La nouveauté viendra finalement plus du M Fest car nous y jouerons un set complet d'1h30.

    Les dates du "The Nameless Tour"

     

    En automne, vous allez partir pour "The Nameless Tour" pour donner des concerts en Belgique, France et Suisse. À quoi est-ce que vos fans peuvent s’attendre lors de cette tournée?

    Le maître mot de cette tournée est «plaisir». Nous n'avons pas d'album à promouvoir et c'est, au final, une grande source de liberté. Nous avons donc travaillé 2 heures de musique pour l'occasion. Cette réserve de morceaux nous permettra de changer la set list chaque soir au gré de nos envies ou des demandes du public. Nous avons la chance de tourner avec Melted Space et Dustbowl que nous connaissons bien. Il y a donc de fortes chances que nous nous «mélangions» parfois sur scène. Rien n'est déterminé, nous verrons le moment venu.

     

    Photo du groupe en 2013

    Parlez-nous aussi un peu des deux groupes Melted Space et Dustbowl qui vous accompagnent et qui sont encore peu connus à l’international.

    Dustbowl est un groupe de cold metal qui sort son 3ème album en septembre. Leur musique est très riche et possède une forte personnalité. Ils ont surtout travaillé en studio jusqu'ici et je suis vraiment heureux qu'ils aient accepté de nous accompagner sur cette tournée. Melted Space est, quant à lui, le projet d'un seul homme : Pierre Le Pape. En plus d'être un pianiste émérite, Pierre est un compositeur / arrangeur classique. Il a créé à travers Melted Space un opéra metal regroupant 17 chanteurs différents sur son premier double album et vient de sortir un EP sur lequel on retrouve des interprètes tels que Liv Kristine (Leaves' Eyes) ou Ashmedi (Melechesh).

    Le logo actuel du groupe

     

    Comment est la chimie dans le groupe quatre ans après votre séparation? Est-ce que les malentendus internes sont choses du passé? Est-ce que vous vous êtes liés à nouveau par amitié, par une envie de jouer votre musique de nouveau ou par carriérisme professionnel?

    Si la pilule a été difficile a avaler pour tout le monde, il n'en reste pas moins que Nicolas ou Gilles font partie de mes meilleurs amis. Nous sommes tous adultes et comprenons ce qui a pu nous pousser les uns ou les autres à agir comme nous avons pu le faire à la fin du groupe. Nous étions arrivés au bout d'un cycle et chacun l'exprimait différemment. Après quelques mois nous avons repris contact et les rancœurs ont fini par disparaître. J'ai pris l'habitude d'organiser une ou deux fois par an des dîners en compagnie des anciens membres du groupe et du staff technique. C'est à l'occasion de l'un de ces dîners que j'ai proposé que l'on profite de cette réunion ponctuelle pour organiser une répétition pour le plaisir. Petit à petit l'idée d'organiser une date à Paris pour fêter les 10 ans de notre premier album a germé. J'en ai parlé à notre tourneur historique et tout s'est emballé.

     

    Durant les dernières années, beaucoup de groupes français ont percé à l’international comme Dagoba ou Gojira et plusieurs groupes de longue date se sont reformés comme Satan Jokers. Comment analysez-vous la scène contemporaine du métal en France? Quels groupes sont vos coups de cœur personnels?

    Je suis complètement sorti de la scène metal après le split du groupe. Il y a presque eu un phénomène rejet tant la coupure a été nette. Je lisais tous les magazines, me tenais au courant de la moindre news annonçant la tournée d'un groupe auprès duquel nous pourrions hypothétiquement postuler. Mais la fin de l'aventure a The Old Dead Tree représentait tant de choses pour moi que j'ai complètement cessé de m'y intéresser.

     

    Fouillons un peu dans votre passé maintenant. Expliquez un peu à nos lecteurs l’histoire assez mouvementée de votre groupe et surtout les raisons qui ont mené à votre séparation en 2009 et enfin à votre réunion en début d’année 2013.

    Le groupe a été créé en 1997. En 1999, peu après la sortie de notre premier EP, notre batteur, Frédéric Guillemot, a mis fin à ses jours. Cette tragédie inspira notre premier album, "The Nameless Disease", sorti en 2003 dont nous fêtons au cours de cette tournée le 10ème anniversaire. En 2009, après 3 albums et autant de tournées, j'ai mis fin au groupe vaincu par une usure qui nous minait tous.

    Nous avions passé des années à investir tout notre temps et notre argent dans The Old Dead Tree. Nous avions tous passé la trentaine, avions un travail à temps plein et des enfants. Le grand écart entre vie "normale" et vie de musicien devenait de plus en plus intenable. Lorsque des tensions sont nées, aucun de nous n'avait la force de faire les concessions nécessaires. Le groupe avait déjà connu des changements de line-up qui l'avait laissé meurtri. J'ai préféré en finir plutôt que chercher à travailler avec de nouveaux musiciens.

    Démo "The Blossom" (1999)

     

    Cette année, votre démo "The Blossom" de 1999 a été republiée sous format digital par votre label Season of Mist. Parlez-nous un peu de ces premières chansons que vous avez enregistrées.

    Nous découvrions la musique, la construction d'un morceau. Pour nous tous c'était le premier véritable enregistrement. Les quatre morceaux qui composent The Blossom ont des côtés naïfs qui en côtoient d'autres très élaborés voire progressifs. Deux d'entre eux ont d'ailleurs été réarrangés puis ré-enregistrés pour "The Nameless Disease".

    A l'époque, cet EP a été très bien accueilli en France et a même dû être re-pressé à 4 reprises pour un total de 1 400 copies. Aujourd'hui il est pratiquement introuvable.

    Premier album "The Nameless Disease" (2003)

     

    Suite au décès tragique de Frédéric Guillemot, vous avez carrément créé une sorte d’album conceptuel sur son suicide qui s’intitule «The Nameless Disease». Qu’est-ce qui vous a amené à faire de cette tragédie le sujet principal de votre premier album? Comment est-ce que les amis et la famille de Frédéric Guillemot ont réagi? Comment est-ce que vous évaluez cet album aujourd’hui, plus de dix ans après sa sortie initiale?

    Vincent, Nicolas et moi avons chacun réagi différemment à la mort de notre ami. Pour ma part, j'ai ressenti le besoin d'extérioriser mes sentiments dans la musique. Dans notre méthode de composition, la musique vient toujours avant les textes. Pour cette raison, on peut dire que la partie instrumentale de l'album aurait été la même dans un contexte différent. Enfin, pour ce qui est de notre entourage, je ne me rappelle pas qu'il y ait eu de mauvaise réaction lorsque nous avons annoncer notre démarche. La mère de Frédéric voulait que son fils continue à vivre à travers la musique, cet album y a contribué. 6 des 11 titres de "The Nameless Disease" ont été composés du vivant de Frédéric.

    Le deuxième album "The Perpetual Motion" (2005)

     

    Mon album préféré de vous est sans aucun doute "The Pepetuel Motion", un album hautement atmosphérique et progressif qui jongle avec bien des styles différents. Je dirais même que cet album est parmi mes trois albums préférés de tous les temps! Comment avez-vous écrit ces chansons complexes, détaillées et fluides? Est-ce que vous pensez rendre hommage à ce chef-d’œuvre d’ici deux ans comme vous le faites en ce moment pour "The Nameless Disease"?

    Rien n'est prévu en ce sens. Nous avons pris beaucoup de plaisir à nous réunir pour interpréter The Nameless Disease sur scène, mais la mise en place de cette idée spontanée a nécessité un gros investissement de la part de chacun des membres participants. Nous avons tous joué le jeu en sachant qu'il s'agissait d'un "one shot" et que cela ne nous engagerait pas pour la suite, mais faire la même chose pour "The Perpeutual Motion" reviendrait presque à reformer le groupe. Qui plus est nous serions tenus de recommencer pour "The Water Fields" deux ans plus tard.

    En ce qui concerne l'écriture de cet album, on peut dire que "The Perpetual Motion" a été composé d'une manière très différente de celle de "The Nameless Disease" dont j'étais responsable à 80%. La plupart des morceaux ont vu le jour alors que Nicolas et moi répétions à faible volume avec de petits amplis dans ma chambre à coucher. Nous nous enregistrions avec un petit magnétophone cassette avant de coucher les harmonies basiques sur partitions informatiques.

     

    Le troisième (et dernier?) album "The Water Fields" (2007)

    Enfin, votre troisième et dernier album à date s’intitule «The Water Fields» dont j’adore particulièrement la chanson titre. L’album me semble plus calme, progressif et songeur que le précédant. Quelle est votre opinion aujourd’hui sur ce troisième album?

    "The Water Fields" est le petit frère de "The Perpetual Motion". Nicolas avait quitté le groupe et je n'avais pas encore créé avec Gilles, son remplaçant, le rapport de complicité et de confiance artistique que nous avions. Par dessus tout, je voulais prouver aux fans que le départ de Nicolas ne changerait pas la qualité de notre musique, c'est d'ailleurs une des raisons qui m'a poussé à travailler une nouvelle fois avec Andy Classen (producteur des 2 précédents albums). Dans un même temps Vincent, notre bassiste, voulait pour que nous nous tournions vers une musique plus violente. Ces éléments ont beaucoup influencé ma manière de composer et d'arranger les morceaux. Peut être aurait il fallu laisser plus liberté à cette musique qui s'est trouvée limitée par des éléments extérieurs au processus de création lui même...

     

    Lorsque vous vous êtes séparés en 2009, vous aviez déjà écrit quelques chansons pour un possible quatrième album. À quoi ressemblaient ces chansons? Est-ce que la pièce "Shelter" qui a finalement été enregistrée par le groupe de votre guitariste Gilles Moinet qui s’appelle Lux Incerta avec ta participation faisait partie de ces dernières chansons de The Old Dead Tree?

    Absolument, "Shelter" est un des quatre dernier morceaux de The Old Dead Tree. Gilles a repris les éléments déjà mis en place et a réarrangé le titre avec Benjamin Belot, bassiste et chanteur de Lux Incerta. Pour autant, les 4 chansons étaient très différentes les unes des autres. Nous étions arrivés au bout d'un cycle, nous ne pouvions pas composer un autre album dans la veine de "The Perpetual Motion". J'étais déterminé à m'affranchir des règles que j'avais contribué à créer dans le groupe. Je voulais que nous prenions trois ans (au lieu de deux jusqu'ici) pour composer ce prochain album, nous avions commencé à travailler avec un producteur artistique issu du milieu metal, mais ayant travaillé pour des majors dans tous les styles de musique. Je voulais ouvrir The Old Dead Tree et en faire un groupe affranchi du carcan metal sans rien en renier pour autant.

     

    En parlant de Lux Incerta, pouvez-vous nous dire ce que chacun entre vous a fait sur la scène musicale depuis la séparation de The Old Dead Tree en 2009? Quels sont vos nouveaux groupes, si vous en avez, et en quoi est-ce qu’ils se distinguent de The Old Dead Tree?

    Gilles a effectivement enregistré un album avec Lux Incerta avant de quitter Paris. Il a depuis participé à des groupes de Rock ou de Hard Rock en tant que guitariste ou bassiste mais sans enregistrer d'album pour le moment.

    Raphaël, notre dernier batteur et moi même avons jusqu'ici quitté la musique pour rejoindre la vie civile

    Nicolas et Vincent ont créé Ommatidia qui a sorti un premier album en 2011 et dont le second opus est actuellement en cours de mastering. J'ai pu l'écouter brièvement et je peux te dire que j'ai hâte d'avoir en main le produit fini. Le groupe est vraiment arrivé à maturité. Ce nouvel album a d'ailleurs été mixé par François Boutault, le producteur avec lequel nous avions commencé à travailler avant le split de The Old Dead Tree.

     

    Voici maintenant une question que bien des fans se posent évidemment. Est-ce que le retour de The Old Dead Tree est seulement temporaire pour honorer votre album «The Nameless Disease» ou est-ce qu’on peut s’attendre à plus de concerts et même un nouvel album par la suite? Les fans aimeraient vraiment que votre retour soit permanent et je m’inclus totalement là-dedans.

    L'année 2013 restera pour nous une fantastique année car elle nous aura replongé dans une vie passée où tout semblait plus simple.

    Je suis le dernier membre de The Old Dead Tree à habiter à Paris, tous les autres ont déménagé à plusieurs centaines de kilomètres et la logistique nécessaire à la préparation des dates fut souvent compliquée, surtout que nous avons presque tous des enfants. La composition d'un nouvel album serait, je pense, bien trop compliquée dans ces conditions. J'ai pour ma part besoin d'un contact réel avec les autres musiciens, je dois répéter les morceaux encore et encore pour pouvoir leur donner leur forme définitive. L'éloignement ne nous permettrait pas de fournir le travail nécessaire à la création d'un album aussi bon que ce que nous avons pu faire par le passé quand on jouait tous ensemble deux à trois fois par semaine.

    Je peux tout de même te dire que plusieurs concerts de la tournée sont filmés et que nous comptons mettre en ligne un documentaire sur cette parenthèse qui sera réalisé par Julien Metternich (Dagoba, Mass Hysteria..) qui s'est occupé des clips du groupe depuis nos débuts. Nous parlons aussi de la possibilité de finaliser nos 4 morceaux et de les enregistrer pour clore proprement l'histoire de l'arbre, mais à ce stade, rien n'est décidé...

     

    Merci pour toutes vos réponses. Les derniers mots sont à vous!

    Un grand merci pour ta patience et ton soutien. A bientôt... dans une autre vie.

    Liste des pièces jouées au dernier concert du groupe

    et un peu de musique pour terminer...

     

    (version anglais de l'entrevue à suivre...)

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique