•  « C’est bizarre quand on y réfléchit, poursuit Kropp. Nous sommes pourtant ici pour défendre notre patrie. Mais les Français, eux aussi, sont là pour défendre la leur. Qui a donc raison? » (À l’ouest rien de nouveau, Erich Maria Remarque, page 179)

     

    Le roman « À l’ouest rien de nouveau », écrit par l’auteur allemand Erich Maria Remarque, apparu pour la première fois dans la « Vossische Zeitung » en 1928 et publié en forme de livre une année plus tard, est un œuvre pacifiste qui décrit précieusement la cruauté de la Première Guerre mondiale vu par un jeune soldat allemand qui participe à la guerre des tranchées sur le front ouest.  L’exemplaire dont je vais me servir afin de rédiger le compte rendu présent, est la version française de l’œuvre, sortie comme soixante-quatrième édition en livre de poche par la Librairie Générale Française en 2008 qui possède 254 pages au total, qui sont divisées en douze chapitres. En premier lieu, je vais résumer et analyser le contenu et la présentation du roman, avant d’initier une critique interne et externe de l’œuvre en rédigeant en conclusion mon opinion personnelle.

     

    En ce qui concerne l’édition de laquelle notre cours s’est servie, le contenu du roman est visualisé par un détail de la peinture « Cadavre d’un soldat de sape », dessinée par le peintre allemand Otto Dix, qui a vécu durant la même époque que l’auteur Remarque. Le tableau de la page couverture montre un squelette vêtu d’un uniforme déchiré d’un soldat et tenant dans sa main un énorme fusil. Le squelette est accroupi dans une tranchée sur un champ de bataille. Cette image est une métaphore pour la guerre qui signifie la mort et est entièrement en accord avec le contenu et la philosophie du roman de Remarque.

     

    Le roman raconte l’histoire fictive du jeune soldat Paul Bäumer, tandis que l’histoire est basée sur des récits de certains soldats qui ont participé à la guerre et aussi sur les expériences personnelles de l’auteur qui a été obligé de participer à la guerre et qui y a été blessé gravement.

    Paul Bäumer s’engage volontaire à la guerre suite à des exhortations patriotiques de son professeur. Il suit à l’âge de 19 ans une instruction militaire de base sous le commandement d’un officier qui s’appelle Himmelstoss. Celui est un véritable misanthrope et essaie à plusieurs reprises de soumettre ses élèves à des entrainements torturants. Le jeune protagoniste devient par contre l’ami de plusieurs personnages importants durant ces entrainements, par exemple de  Stanislaus Katczinsky, un soldat plus âgé que lui qui apprend au protagonsite des mésures importantes afin de survivre et avec lequel  Paul Bäumer développe bientôt une relation père-fils intense. Le personnage principal se solidarise avec ses camarades avant d’être envoyé sur les champs de bataille dans l’ouest, où les Allemands combattent en France et en Belgique leurs ennemis français et anglais durant la guerre de position dans une campagne détruite et mélancolique. Entre de nombreuses batailles, Paul Bäumer apprend bientôt que la guerre n’est point glorieuse et qu’elle transforme les soldats en hommes-bêtes. Il commence à comprendre que les seuls joies de la vie d’un soldat sont les nombreux entretiens avec ses camarades, la chasse avec laquelle il essaie d’améliorer et d’augmenter le niveau de l’alimentation limitée et souvent pourrie, les cigares et cigarettes et les jeux de cartes. Plus tard dans l’histoire, le protagoniste obtient une permission de retourner à la maison pendant un temps limité, mais en rencontrant ses vieux amis ou des membres de sa famille, il réalise que la guerre a changé tout son idéologie, tout son être et qu’il ne serait plus jamais capable de vivre comme auparavant. Paul Bäumer commence à s’isoler, à raconter des mensonges, car il réalise que l’on ne peut point expliquer la guerre à quelqu’un, si celui n’y participe pas (chapitre sept). Ce voyage sort le jeune soldat allemand de sa léthargie et perturbe énormément sa conscience.  Après quelques semaines, il est de retour au front et réalise de plus en plus, que les ennemis sont des êtres humains comme lui, avec des femmes et familles, qui sont, tous comme lui, obligés de se battre pour un but qu’ils ne saisissent même pas.  Paul Bäumer voit mourir ses camarades l’un après l’autre, soit dans l’hôpital militaire, soit sur le champ de bataille. Il se questionne alors beaucoup sur sa vie et celle des autres, surtout lorsqu’il tue plutôt par hasard le jeune soldat français Gérard Duval et doit partager la présence du mourant dans un énorme trou sur le champ de bataille, pendant que les attaques et contre-attaques autour de lui ne s’arrêtent pas et qu’il meurt presque de faim et de sa mauvaise conscience  (chapitre neuf). Il se questionne également sur la paix qui, selon lui, ne se réaliserait plus mentalement pour les soldats qui ont dû assister à la guerre. Vers la fin de la guerre, durant le dernier mois des combats, lorsqu’il est de moins en moins capable d’endurer la guerre, Paul Bäumer meurt d’un coup subit durant une journée qui est décrite comme « tranquille » et durant laquelle « à l’ouest il n’y avait rien de nouveau » (fin du roman, page 254).

     

    L’intrigue du roman s’aggrave avec chaque chapitre. Les conséquences physiques de la guerre n’évoluent pas, lorsque la cruauté de celle-ci est démontrée par le moyen de la présentation de nouvelles armes destructrices comme les bombes à gaz ou les mitraillettes, tout au long du roman, mais l’impact psychique sur les personnages principaux évolue avec chaque chapitre. Le roman est un œuvre pacifiste, lorsque le personnage principal se solidarise avec ses ennemis et réalise que tous les êtres humains sont égaux.

    Le contenu du roman est cohérent et logique et se concentre sur le destin de l’acteur principal et ses camarades de guerre. L’auteur n’essaie pas d’introduire des actions secondaires et reste tout au long de l’histoire relativement neutre. Remarque décrit la guerre d’une manière sombre et mortelle et s’éloigne beaucoup des clichés historiques de l‘héroïsme et du patriotisme de la guerre qui étaient un contenu fréquent des romans et récits de guerre avant la Première Guerre mondiale. Il utilise un langage adapté et facile à saisir pour ses lecteurs, le langage est bref et honnête, lorsque Remarque emploie souvent des mots très familiers et provoquants employés par des soldats tel que Tjaden face à Himmelstoss.  Il décrit la guerre d’une manière tellement détaillée que cela affecte le lecteur. Par contre, en ce qui concerne le context idéologique, l’auteur ne montre pas d’opinion politique précise et ne juge donc pas le système politique de l’Allemagne, les facteurs qui ont mené à la guerre, la culpabilité de guerre ou les conséquences de celle-ci. Le but de l’écrivain se manifeste sur la page couverture de la première version du livre, rédigé en allemand en 1929: „Le livre de Remarque est le monument de notre soldat inconnu, rédigé par les morts eux-mêmes.“ Par contre, ce monument n’a rien de patriotique, lorsqu’il décrit uniquement la bataille insensée entre la vie et la mort sur le front ouest. 

    Remarque a réussi à écrire un roman énormément philosophique. Au début du roman, Paul Bäumer est encore inconscient de la guerre. Il voit mourir son ami d’enfance Kemmerich (chapitre deux) et doit participer aux batailles, mais la guerre devient seulement personnelle pour lui, lorsqu’il fait le voyage dans sa ville natale (chapitre sept), le point tournant du roman. À partir de ce chapitre, l’acteur principale se questionne philosophiquement sur le sens de la guerre, le sens de l’existence et analyse aussi la relation avec ses ennemis en se solidarisant de plus en plus avec eux. Un bon exemple en est non seulement la rencontre avec les trois filles françaises peu avant son voyage, avec lesquelles ses camarades et lui se satisfaient paisiblement sexuellement (début du chapitre sept), mais surtout lorsque Paul Bäumer rencontre des prisonniers de guerre russes au camp de la Lande dans la région de la Senne, avec lesquels il partage au début du tabac et vers la fin même de la nourriture personnelle que sa mère mourante lui avait soigneusement préparée, ce qui est un signe énorme de l’approche entre ces deux peuples ennemis et un des principaux signe de ce roman pacifiste. Un autre exemple pour le fait que chaque être humain est égal en droits et le fait de la solidarisation entre des ennemis employées fréquemment par Remarque, est l’événement, lorsque Paul Bäumer et ses camarades acceptent les excuses de Himmelstoss, qui a besoin de leur support et leur aide durant la bataille et qui perd son autorité et sa distance envers les simples soldats (chapitre cinq). Cet exemple éprouve également une tenue antiautoritaire de l’auteur, ce qui se manifeste avec les monologues intérieurs du personnage principal qui se dit que chaque être humain devrait être libre de disposer de lui-même.

    L’atmosphère devient de plus en plus sombre et touchante et atteint plusieurs points culminants avec la rencontre fatale du soldat Gérard Duval dans les champs de bataille (chapitre neuf), où l’acteur principal appelle sa victime même un « camarade », le point culminant de la solidarisation avec l’ennemi, ainsi que le moment où Paul Bäumer doit dire au revoir à son ami mourant Albert (chapitre dix) et au moment de la mort de son ami le plus proche, Stanislaus Katczinsky (chapitre onze). La mort de ces trois caractères éprouvent toute la cruauté de la guerre et ces scènes sont décrites d’une manière très sensible et détaillé par l’auteur qui éprouve donc que son but n’est pas un simple récit des événements de la guerre, mais la rédaction de l’impact psychologique et éthique de celle-ci.

    Vers la fin du roman, l’action se déroule de plus en plus vite, les épisodes, de plus en plus remplies de tension et de dramaturgie, deviennent de plus en plus courtes et le temps passé entre les événements racontés augmente davantage et finit tragiquement avec la mort insensée de l’acteur principal.

     

    En conclusion, on peut constater que le roman « À l’ouest rien de nouveau » d’Erich Maria Remarque est un œuvre qui décrit sensiblement la cruauté de la Première Guerre mondiale du point de vue d’un jeune soldat allemand innocent. La vie du personnage principal se détruit étape par étape, le malheur mental et la désespérance psychique se développent davantage et le roman finit en conséquence avec la mort tragique d’un être humain qui est devenu malgré lui un homme-bête manipulé par les puissances de la guerre.

    D’après moi, les points le plus forts de ce roman sont l’introspection de ses acteurs et les descriptions francs et directs qui montrent une image choquante et réaliste de la guerre. Selon moi, cet œuvre est un des ouvrages les plus intenses et philosophique de la guerre et même le meilleur livre ou film que j’ai lu ou regardé par rapport à ce sujet.  L’auteur réussit à retenir l’attention du lecteur tout au long du roman et à captiver ses lecteurs et cela malgré le fait que le texte a été rédigé, il y a maintenant plus que quatre-vingts ans, ce qui est, selon moi, un signe de réussite énorme et souligne la grandeur épique de l’œuvre. En plus, le sujet de la guerre et ses conséquences est encore actuel et important dans notre époque, ce qui rend l’idéologie de ce roman jusqu’aujourd’hui d’une certaine manière immortelle. Il est donc logique que le roman a eu un succès mondial dès sa parution et en ce qui a trait le message du livre, il est également compréhensible qu’Adolf Hitler a interdit la parution du roman peu après sa prise du pouvoir : Il s’agit donc, pour en conclure, d’un œuvre qui affecte et divise les gens et leurs opinions. 

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    «La paix générale ne saurait être atteinte sans le renversement de la puissance dirigeante en Allemagne. Seul le flambeau de la révolution, seule la lutte de masse ouverte pour le pouvoir politique, pour la domination du peuple et la république en Allemagne permettra d'empêcher le retour de flamme du génocide et le triomphe des annexionnistes allemands à l'Est et à l'Ouest. Les ouvriers allemands sont appelés maintenant à porter d'Est en Ouest le message de la révolution et de la paix. Faire la fine bouche ne sert à rien, il faut y aller.» Par le moyen de ces phrases, Rosa Luxemburg, non seulement militante, mais aussi une théoricienne marxiste allemande qui était encouragée par la révolution bolchévique en Russie et effrayée par les horreurs de la Première Guerre mondiale, a tenté de concentrer le mécontentement grandissant du peuple allemand en impliquant une révolution à l’exemple des événements en Russie. Dans ses écrits politiques, rédigés à travers les années 1917 et 1918, appelés les «Spartakusbriefe» en allemand, les lettres spartakistes, Rosa Luxembourg, sur laquelle est basée l’idéologie marxiste du luxembourgisme, a essayé d’une manière désespérée de réaliser ses rêves d’une Allemagne qui aurait les capacités de changer et de renaître, malgré le fait qu’elle a réalisé dans ces mêmes œuvres que la volonté d’ «établir une dictature prolétarienne et accomplir un bouleversement socialiste dans un seul pays, encerclé par l'hégémonie sclérosée de la réaction impérialiste et assailli par une guerre mondiale, la plus sanglante de l'histoire humaine, c'est la quadrature du cercle.» Karl Liebknecht a partagé ces rêves et rédigé dans un pamphlet du groupe «L’Internationale» lors des dernières heures de la Première Guerre mondiale : «Travailleurs et soldats ! Votre heure est enfin arrivée. Après une longue tolérance et des journées tranquilles, vous êtes finalement passés à l’action. Rien n’est dit de trop : Dans ces heures présentes, le monde vous regarde et vous tenez le destin du monde dans vos mains.» Ce travail de session analysera les idéaux et les vies de Rosa Luxemburg et son camarade Karl Liebknecht et leur réalisations ou échecs par rapport à ce sujet, tout en prenant en conscience le contexte politique, surtout la structure politique allemande, ainsi que le déroulement de la Première Guerre mondiale et la Révolution russe de 1917. Par la suite, je vais tenter d’analyser la Révolution allemande de novembre 1918, les causes de son échec, l’assassinat de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, leur héritage et le développement politique en Allemagne suite à cette révolution.

    Afin de mieux comprendre les événements qui ont mené à la révolution prolétaire en Allemagne, il faut d’abord jeter un coup d’œil sur la biographie de leurs deux organisateurs principaux, soit Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, avant la révolution prolétaire.

    Karl Liebknecht, né le 13 août 1873 à Leipzig, était déjà politiquement influencé durant son enfance. Son père Wilhelm Liebknecht était un gauchiste et co-fondateur du Parti social-démocrate d’Allemagne, qui était à cette époque très proche de l’idéologie marxiste. Il est remarquable que les deux parrains lors du baptême du jeune Karl Liebknecht fussent Karl Marx et Friedrich Engels. Après la fin des études et son doctorat, Liebknecht travaillait comme avocat et défendait ainsi des membres du parti de son père avant de devenir soi-même membre en 1900. C’est au sein de ce parti que Liebknecht a plus tard fait la connaissance de Rosa Luxemburg. En 1907, Liebknecht a rédigé son œuvre «Militarisme et antimilitarisme», dans lequel il critiquait précisément Karl von Einem, le futur commandant de la troisième armée allemande durant la Première Guerre mondiale et le ministère de la guerre de L’Empire allemand pour ses citations en faveur de soldats loyaux et brutaux qui s’opposent d’après Liebknecht contre la constitution allemande. Pour cette partie de son œuvre, Liebknecht était accusé de haute trahison et emprisonné pendant un an et demi. Malgré ces obstacles, Liebknecht poursuivait sa carrière politique après sa libération et il s’est clairement prononcé contre le soutient financier de la guerre. Par contre, son propre parti s’est enfin décidé de soutenir Guillaume II et son armement contre son vœu afin de garder son influence politique difficilement établi dans la monarchie allemande et ne pour pas provoquer les dirigeants politiques principaux. Lorsque Liebknecht répétait ses exigences, on l’obligeait, malgré son immunité politique, de partir pour la guerre et de combattre les Alliés sur le front ouest et est de l’Allemagne. Avant son départ, Liebknecht avait encore réussi d’adhérer au «Gruppe Internationale» avec Rosa Luxemburg en essayant de faire de la propagande contre la guerre et en communiquant aux autres partis gauchistes de l’Europe que ce n’étaient pas tous les sociaux-démocrates allemands qui étaient en faveur de la guerre. Après son retour de la bataille, Liebknecht décidait de poursuivre son combat contre le financement de la guerre et le Parti social-démocrate d’Allemagne se sentait finalement obligé de l’exclure du parti, ainsi que ceux qui étaient d’accord avec son idéologie. Liebknecht organisait donc des manifestations fréquentes contre la guerre, condamnait aussi le génocide arménien commis par l’empire ottoman, allié avec l’Empire allemand, faisait appel au moyen de la grève auprès des travailleurs et se faisait ainsi arrêter en mai 1916 par les forces allemandes qui le condamnaient encore de haute trahison et qui décidaient de l’enfermer dans un pénitencier pendant quatre ans et un mois. Après sa libération du pénitencier vers la fin de la guerre, Liebknecht est retourné à Berlin en octobre 1918 et organisait la Ligue spartakiste avec Rosa Luxemburg pour mettre enfin un terme à la monarchie allemande.

    Rosa Luxemburg, né au Royaume du Congrès le 5 mars 1871, une entité politique polonaise depuis le Congrès de Vienne en 1815 qui avait subi une russification lors de l’occupation russe durant la naissance de Rosa Luxemburg, s’est aussi engagée très tôt dans la politique en s’engageant dans le parti des travailleurs polonais «Prolétariat» à Varsovie à partir de 1886. Le parti, qui avait fréquemment utilisé le moyen de la grève comme manifestation, avait été violemment dissous par le gouvernement polonais en tuant quatre membres principaux, mais Rosa Luxemburg faisait partie d’une des conclaves du parti qui s’organisait en cachette depuis cet événement. Lorsque sa participation dans ce parti s’était dévoilée, Rosa Luxemburg s’enfuyait en Suisse, l’exil de plusieurs intellectuels gauchistes polonais et russes durant cette époque, notamment aussi Lénine. Rosa Luxemburg, autant que Karl Liebknecht, faisait un doctorat, mais continuait à s’impliquer politiquement en cofondant le Parti social-démocrate du royaume de Pologne pour former une alternative au Parti socialiste polonais qui voulait atteindre l’indépendance de la Pologne, un mouvement nationaliste que Luxemburg critiquait sévèrement en proclamant qu’une indépendance ne pourrait être atteinte qu’avec des révolutions en Autriche-Hongrie, Russie et dans l’Empire allemand et qui ne pourraient se réaliser grâce à un combat acharné contre les monarchies européennes et le capitalisme. Rosa Luxemburg s’est ensuite marié avec un Allemand pour obtenir la citoyenneté allemande et pour pouvoir adhérer au Parti social-démocrate d’Allemagne, qui avait la réputation d’être un des partis socialistes les mieux organisés en Europe. Au sein de ce parti, Rosa Luxemburg était vite devenu un porte-parole de l’aile d’extrême-gauche du parti. Elle avertissait la population et les membres du parti d’une future guerre et d’un écrasement probable de l’économie que l’on devrait éviter par le moyen d’une attitude antimilitariste, anticapitaliste et anti-impérialiste. En ce qui concerne ses prédictions qui datent de l’année 1899, on sait aujourd’hui que non seulement la guerre s’est enfin réalisée en 1914, mais aussi l’écrasement fatal de l’économie en 1929. Par contre, peu de membres du parti faisaient confiance aux estimations de Luxemburg, ce qui l’encourageait à devenir plus indépendante. Elle provoquait ainsi Guillaume II en disant en 1903 lors d’une conférence publique de son parti: «Cet homme, qui parle de la bonne existence assurée du travailleur allemand, ne sait rien du tout des vrais faits.» Pour cette phrase, Luxemburg se faisait accuser d’un crime de lèse-majesté et passait ensuite six semaines en prison. Une année plus tard, elle passait encore une fois deux mois en prison, car elle avait tenté de convaincre le parti socialiste du Royaume du Congrès de participer à la première Révolution russe en 1905. En 1907, Luxemburg faisait la connaissance de Lénine, car elle assistait à un congrès des sociaux-démocrates russes à Londres. Peu après, elle travaillait comme enseignante marxiste pour le social-démocrate d’Allemagne et faisait la connaissance de Friedrich Ebert, le futur président de la République de Weimar et un de ses futurs ennemis politiques. Elle continuait de travailler internationalement et rencontrait le socialiste français Jean Jaurès avec lequel elle réalisait un accord de solidarité qui disait que tous les partis des travailleurs en Europe s’obligeraient à manifester par le moyen d’une grève générale, si une guerre éclatait. En 1913, lorsqu’elle sentait qu’une guerre n’était plus évitable, Luxemburg s’adressait au peuple en disant dans un fameux discours proche de Francfort qui était plus tard publié dans son œuvre «Militarisme, guerre et classe ouvrière»: «Si l’on exige de nous que nous levons nos armes meurtrières contre nos confrères français ou d’autres confrères étrangers, alors nous déclarons: Non, nous ne le faisons pas!». Pour cette proclamation non-conforme au régime de Guillaume II, Rosa Luxemburg se faisait encore une fois emprisonner, cette fois durant un an. Avant cette époque, le Parti social-démocrate d’Allemagne refusa déjà les idées de Luxemburg et Liebknecht et soutenait le régime de Guillaume II. Luxemburg en était tellement désespérée qu’elle songeait longtemps à se suicider, surtout lorsque la Première Guerre Mondiale éclatait vraiment. Au lieu de faire cela, elle a fondé le «Gruppe Internationale», ce qui est plus tard devenu la Ligue spartakiste. Karl Liebknecht et elle devenaient alors des symboles pour la résistance allemande contre la guerre et la monarchie, malgré que Luxemburg soit entrée en prison en février 1915 et malgré que Liebknecht se fasse obliger de partir en guerre. Après la libération de Luxemburg, elle se faisait envoyer dans un pénitencier pendant deux ans et demi. Malgré cela, Luxemburg envoyait secrètement des lettres sous le pseudonyme de «Junius» en dehors de la prison pour garder son influence politique. Elle commentait ainsi la formation d’un Parti social-démocrate indépendant d’Allemagne qui s’était séparé de son parti d’origine et qui s’est uni peu après avec la Ligue spartakiste. Par rapport au sujet de la Révolution d’Octobre, Luxemburg se montrait inquiète par rapport à la stratégie poursuivie par Lénine et craignait une dictature bolchévique. En lien avec cet événement, Rosa Luxemburg a prononcé une de ses phrases les plus connues : «La liberté est toujours la liberté de celui qui pense différemment.» Après sa libération en novembre 1918, Rosa Luxemburg est retournée à Berlin et s’est retrouvée en plein milieu du chaos de l’après-guerre et de plusieurs tentations révolutionnaires. Elle a donc rejoint Karl Liebknecht, qui avait été libéré quelques jours auparavant, pour réorganiser la Ligue spartakiste.

    Jusqu’ici, on peut constater que les cheminements des deux politiciens marxistes allemands sont très semblables et qu’il était donc logique qu’ils organisent l’un à côté de l’autre la révolution prolétaire en Allemagne. Ils ont été très tôt influencés par la politique et se sont vite inquiétés de la situation contemporaine en Europe qui favorisait le nationalisme, l’impérialisme et les tensions diplomatiques et militaires. Dans un Empire allemand dirigé par une monarchie très conservatrice et arriérée qui s’est développé de plus en plus vers une extrême-droite, vu que Guillaume II tenait à son idéologie de procurer «une place au soleil» à l’Empire allemand en agressant presque la totalité des puissances européennes avec ses tentations de colonisation, d’expansion et de réarmement, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg pensaient que seulement un changement radical et courageux pourrait sauver la misère dans laquelle l’Allemagne s’était dirigée depuis l’abdication de Bismarck qui avait tenté à conserver la paix, l’équilibre des puissances et les traités bien élaborés avec les puissances européennes sauf le grand ennemi héréditaire, la France. Liebknecht et Luxemburg, deux jeunes personnes bien instruites, voulaient donc transformer le visage politique de l’Allemagne. Les forces conservatrices dirigeantes autour de Guillaume II avaient vite saisi que ces porte-paroles autant intelligents et décidés que remplis d’un élan juvénile pourraient être des facteurs perturbants et dangereux pour leur pouvoir. Les forces dirigeantes allemandes ont sans cesse tenté de censurer ou interdire les publications de Liebknecht et Luxemburg ou des les enlever par force de la scène politique, soit en les envoyant en prison ou même en pénitencier ou en envoyant Liebknecht par exemple à la guerre. Liebknecht et Luxemburg, qui avaient jusqu’à date essayé de convaincre la population par le moyen de leurs forces rhétoriques éprouvées dans des nombreux pamphlets, journaux ou discours politiques, n’avaient presque plus le choix de réaliser leurs idéaux par des moyens pacifiques après toutes les représailles vécues. Lorsque la monarchie autour de Guillaume II commençait à s’effondre et lorsque la Première Guerre mondiale s’approchait vers sa fin, les deux politiciens marxistes voulaient finalement profiter de la chance d’une Allemagne perturbée et peu organisée, alors aussi sans la présence de forces politiques qui pouvaient légalement empêcher leurs actions, afin de révolutionner l’Allemagne à l’exemple de la Russie, qui avait aussi longtemps souffert d’une situation très semblable, d’un régime tsariste monarchique répressif, mais qui avait enfin réussi à se libérer. C’est ainsi que Karl Liebknecht décidait de proclamer la «République socialiste libre d’Allemagne» le 9 novembre 1918, ce qui était un des points culminants de la révolution allemande de novembre 1918.

    Tanis que René Rémond décrit dans son œuvre «Le XXe siècle de 1914 à nos jours – Introduction à l’histoire de notre temps – 3» que «la minorité de gauche spartakiste, qui blâme le comportement des dirigeants sociaux-démocrates et entend s’aligner sur l’exemple donné par les bolcheviques, déclenche en janvier 1919 des journées révolutionnaires à Berlin», Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois parlent dans leur œuvre «Canada – Québec 1534-2000» de «révolutions en Allemagne, en Autriche et en Turquie en novembre 1918». Cette théorie se défend avec le terme de la «Novemberrevolution» que les Allemands ont donné à ces événements, tandis qu’on parle seulement d’une «révolte» spartakiste en janvier 1919. D’autres historiens parlent par contre d’une révolution allemande qui débutait selon eux le 30 octobre 1918 avec la révolte des marins de Kiel, une ville stratégiquement positionnée dans le nord de l’Allemagne et sur la mer baltique, et finissait seulement le 11 août 1919, lors de la constitution de la République de Weimar, d’autres vont même plus loin en disant que la révolution aurait continué jusqu’en 1924. Je vais donc essayer de clarifier ces termes historiques en essayant de décrire les déroulements principaux à partir du 30 octobre 1918.

    La Révolution allemande avait selon moi déjà commencé loin avant le mois de novembre en 1918. Jean-Claude Barreau et Guillaume Bigot décrivent dans le livre «Toute l’histoire du monde – de la préhistoire à nos jours» qu’ «en 1917, il y eut, chez tous les belligérants, un fléchissement du moral».  Cela se comprend par la fausse promesse des belligérants d’une guerre courte qui se prolongeait de plus en plus et se transformait en une guerre de positions sans fin. En Allemagne, on manquait de tout durant les derniers mois de la Première Guerre mondiale, les conditions pour les soldats et ouvriers affamés et fatigués devenaient de plus en plus mauvaises. Cette attitude fatale était soutenue par les discours de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg ainsi que le nouveau Parti social-démocrate indépendant d’Allemagne, qui encourageaient les ouvriers allemands de se révolter par le moyen de la grève. Une première grève générale importante avait lieu le 28 janvier 1918, appelée le «Januarstreik» en Allemagne, durant laquelle un million d’ouvriers allemand exigeaient la «conclusion rapide d’une paix sans annexion», ainsi qu’une démocratisation des institutions. Après d’autres grèves à Berlin pendant trois jours en avril 1918, la Ligue spartakiste appelait ouvertement à la révolution et à la formation de conseils ouvriers le premier octobre 1918. Le 25 octobre, Otto Rühle, un autre membre de la Ligue spartakiste, appelait même à l’abdication de l’empereur et à la révolution socialiste. Lorsque la guerre ne se terminait toujours pas, les marins de Kiel refusaient d’appareiller sur deux navires de guerre le 30 octobre 1918 et l’expédition prévue ne pouvait pas avoir lieu.  Les quatre cents marins se faisaient alors arrêter et emprisonner le lendemain. Alors d’autres marins se solidarisaient avec les prisonniers et manifestaient contre leur emprisonnement. Le 5 novembre 1918, le drapeau rouge flottait sur la ville de Kiel, des grèves générales se répandaient dans d’autres villes allemandes et des conseils d’ouvriers et de soldats étaient formés dans les villes principales en Allemagne. C’est ainsi que les grèves et conseils devenaient plus organisés et se solidarisaient à travers le pays: c’est selon moi le début de la véritable révolution. Il s’ensuivait alors une des journées les plus importantes dans l’histoire allemande, le 9 novembre 1918. Le prince Maximilien de Bade a annoncé l’abdication de Guillaume II, malgré que celui-ci n’en avait pas donné l’ordre, a pris la décision de démissionner par la suite et transmis son poste de chancelier à Friedrich Ebert, membre du Parti social-démocrate d’Allemagne, aussi pour prévenir une prise de pouvoir par les mouvements gauchistes. Le Parti social-démocrate d’Allemagne s’est alors dépêché de faire proclamer la «République allemande» par Philipp Scheidemann vers 14 heures entre «la soupe et le dessert» comme celui-ci le décrivait lors des entrevues plus tard. Il disait par contre au peuple sur un balcon du palais du Reichstag : «Notre devoir est maintenant que notre victoire glorieuse (l’abdication des Hohenzollern), cette victoire totale du peuple allemand, ne se laisse pas salir et c’est la raison pour laquelle je vous en prie qu’aucune perturbation de cette sécurité n’aura lieu. Nous devrons être fiers de cette journée dans le futur. Rien ne doit exister que l’on pourrait nous reprocher plus tard.» Par contre, deux heures plus tard avait lieu une telle «perturbation», lorsque Karl Liebknecht a proclamé la «République socialiste libre d’Allemagne» au château de Berlin en faisant allusion à l’idéologie marxiste d’une révolution mondiale et progressive: «Nous devons concentrer toutes nos forces pour construire le gouvernement des ouvriers et des soldats et pour instaurer un nouvel ordre étatique du prolétariat, un ordre de paix, de bonheur et de liberté pour tous nos frères allemands et pour nos frères dans le monde entier. Nous leur tendons la main et les appelons à achever la révolution mondiale.» Suite à ces deux proclamations, les deux partis socialistes allemands ont formé la création d’un conseil de commissaires du peuple, composé de trois membres de chaque parti, mais la Ligue spartakiste a refusé de participer à une telle alliance qui ne pouvait pas réaliser leur idée d’une république socialiste libre. Suite à cette «Novemberrevolution», il y avait quelques semaines dans lesquelles la scène politique s’est plutôt concentrée sur l’armistice, les conséquences de la guerre et l’organisation d’élections générales pour 1918. Cette courte durée d’une politique de détente a été soudainement interrompue lors de la parution de plusieurs affiches à Berlin qui appelaient à tuer Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht vers la fin du mois de novembre 1918. Ces affiches faisaient l’objet d’attaques antisémites dans la presse de droite. Ces attaques antisémites se sont aggravées lorsque le chancelier Friedrich Ebert voulait éviter la formation du premier congrès national de tous les conseils des travailleurs et soldats allemands à Berlin et lorsqu’il faisait donc appel à plusieurs divisions militaires allemandes pour empêcher cette réunion et pour regagner le pouvoir de la capitale pour le 15 décembre 1918. Par contre, une de ces divisions attaquait une manifestation non armée des spartakistes le 6 décembre et faisait seize morts, ce que l’on peut aussi voir comme une tentative d’un putsch anti-bolchévique. Peu après, le régime des deux partis sociaux-démocrates, dont le Parti social-démocrate d’Allemagne avait plus de mandats et de votes, s’est officiellement déclaré contre une adaptation du système de conseils à la manière bolchévique le 19 décembre 1918.  Afin d’empêcher une révolution spartakiste, Friedrich Ebert est encore allé plus loin et a refusé de verser le salaire aux marins gauchistes de Kiel qui réagissaient en kidnappant Otto Wels, un membre plutôt conservateur du Parti social-démocrate d’Allemagne et en prenant la Chancellerie le 23 décembre 1918. Les forces armées du régime contre-attaquaient et tuaient et blessaient 68 personnes en remportant ce conflit que l’on appelle aujourd’hui «Noël sanglant».  Ces tensions montraient selon moi déjà le potentiel et aussi le résultat d’une future escalade entre les gauchistes allemands et les sociaux-démocrates modérés, soutenus par les anciens membres  conservateurs de la monarchie. Les désaccords entre les deux partis sociaux-démocrates, le SPD et l’USPD, augmentaient et Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg décidaient de former une nouvelle alternative autour de la Ligue spartakiste en formant le Parti communiste d’Allemagne vers la fin du mois de décembre. Le programme de ce parti avait presque entièrement été rédigé par Rosa Luxemburg, ce qui faisait d’elle une théoricienne marxiste de plus en plus importante. Lors d’une puissante manifestation, suite au renvoi d’Emil Eichhorn, chef de la police et membre de l’USPD par le Conseil des commissaires du peuple, la révolte de janvier ou encore la révolution spartakiste éclatait le 5 janvier 1919. Plusieurs grèves ont eu lieu, mais le nouveau Parti communiste d’Allemagne n’était pas décidé en ce qui concernait les démarches à suivre. Rosa Luxemburg voulait éviter une révolution sanglante et laisser le choix au peuple lors des prochaines élections, tandis que Karl Liebknecht voulait en finir avec les représailles  auprès des gauchistes allemands en défendant un renversement sanglant du gouvernement Ebert. Dans le journal «Vorwärts» du SPD, on déclarait le 8 janvier: «L’heure de la vengeance approche!». L’administration du parti avait engagé les Freikorps contre les spartakistes, formés en décembre 1918 et composés d’une milice paramilitaire contre-révolutionnaire et conservatrice. Suite à cette provocation, la Ligue spartakiste appelait ses membres à prendre les armes le 8 janvier 1919. Vu que les Freikorps possédaient encore les armes utilisées durant la Première Guerre mondiale, à laquelle les membres conservateurs avaient participé, ils avaient un avantage énorme face aux révolutionnaires spartakistes mal équipés. Pendant une semaine, des événements ressemblant à une guerre civile se déroulaient à Berlin et causaient non seulement la mort d’un bon nombre de gauchistes, mais aussi de plusieurs civils. Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg se sont fait capturer par les Freikorps le 15 janvier 1915 et se faisaient vite assassiner. Tandis qu’on laissait trainer le corps mort de Liebknecht, celui de Luxemburg était jeté dans un cours d’eau à proximité. La courte révolution spartakistes était finie.

    Il faut maintenant ses poser la question sur la suite de ces événements. Les mouvements anti-gauchistes continuaient encore longtemps en Allemagne. Les tueurs de Luxemburg et Liebknecht n’étaient pas honnêtement poursuivis et ne recevaient que de petites pénalisations en mai 1919. Suite à la mort des deux icones du mouvement gauchiste allemands, les ouvriers allemands se lamentaient et révoltaient encore jusqu’en mai 1919, ce qui signifie selon moi la fin définitive de la révolution allemande. D’autres tentations d’une révolution étaient violemment abattues par les Freikorps qui gagnaient de plus en plus de pouvoir. Durant les prochaines élections, le Parti communiste d’Allemagne était boycotté, le journal du parti interdit. Plusieurs membres de ce parti, de l’USPD et de l’ancienne Ligue spartakiste étaient arrêtés, emprisonnés et même tués, par exemple Kurt Eisner qui était tué par un jeune aristocrate ou Leo Jogiches qui était arrêté et assassiné en prison. Le mouvement gauchiste en Allemagne se faisait supprimer violemment en ne pouvait plus se relever. Il était de plus en plus remplacé par des tentatives de putschs de l’extrême-droite, par exemple le fameux putsch de la Brasserie par Adolf Hitler en 1923. La République de Weimar était établie à partir du 11 août 1919, mais la jeune et nouvelle démocratie allemande qui avait craint une révolution gauchiste devait bientôt faire face à une remontée d’antisémitisme et nationalisme et était d’avance condamnée à l’échec. Suite au Traité de Versailles et ses conséquences humiliantes pour l’Allemagne, la démocratie allemande se faisait critiquer de tous les côtés et était bouleversés par des changements d’assemblée fréquentes et une instabilité énorme. Mais les souffrances pour les gauchistes allemands n’étaient pas encore finies non plus. Malgré un certain rétablissement de leur influence au milieu des années 1920, les gauchistes allemands se faisaient poursuivre, emprisonner, enfermer dans des camps de concentration et assassiner autant que les juifs par le régime nazi à partir de 1933, une attitude qui était généralement acceptée et même soutenue par les aristocrates conservateurs et une bonne partie de la population. Même après la Deuxième Guerre mondiale, la nouvelle République fédérale d’Allemagne se prononçait clairement contre les mouvements gauchistes et craignait une révolution comme après la Première Guerre mondiale. Avec les révolutions européennes gauchistes en mai 1968 les jeunes étudiants et ouvriers se distançaient en Allemagne du passé national-socialiste de leurs parents, critiquaient les mouvements nationalistes, le capitalisme et la guerre du Viêt Nam et prenaient par le moyen des grèves et manifestations l’héritage de la révolution spartakiste. Ces événements menaient en Allemagne à la fondation du Fraction armée rouge qui est comparable avec le Front de libération du Québec en ce qui concerne l’inspiration socialiste et les procédures terroristes. Le groupe était principalement influencé par les régimes communistes en URSS et en Chine, ainsi que l’idéologie marxiste et le mouvement de guérilla cubain, rendu fameux par Dr. Ernesto « Che » Guevara. Autour des fondateurs d’Andreas Baader et sa petite amie Gudrun Ensslin, ainsi que la journaliste Ulrike Meinhof qui s’est joint au groupe qui était par la suite appelé la Bande à Baader ou encore le groupe Baader-Meinhof, le groupe attaquait au début surtout des maisons de presse anti-gauchistes, des institutions militaires américaines sur le sol allemand et assassinait plus tard par exemple le procureur général fédéral près la Cour fédérale Siegfried Buback, Hanns-Martin Schleyer, représentant du patronat allemand ou le représentant de la  «Deutsche Bank» Alfred Herrhausen en provoquant un total de 34 morts. Le gouvernement allemand avait condamné, poursuivi et emprisonné la plupart des membres. Il y avait trois générations du Fraction armée rouge qui s’est enfin officiellement dissous en 1998 en envoyant une déclaration qui cite vers la fin une fameuse citation que Rosa Luxemburg avait décrit la veille de son assassinat: «La révolution dit: J’étais, je suis et je serai!». Liebknecht et Luxemburg avaient également influencés avec leur idéologie les mouvements anarchistes en 1968, qui étaient à l’époque très proche des membres du Fraction armée rouge. Un des porte-paroles du mouvement anarchiste en Allemagne, Rudi Dutschke, se faisait également attaquer par un jeune conservateur allemand et mourait des conséquences de cet attentat après onze ans de souffrances. Rosa Luxemburg était également reconnue internationalement, la journée de sa mort était par exemple un jour férié dans la Yougoslavie sous Tito. Plusieurs instituts gauchistes étaient nommés d’après Liebknecht et Luxemburg et encore aujourd’hui, il y a une manifestation appelée la «Liebknecht-Luxemburg-Demonstration» qui se déroule chaque 15 janvier en Allemagne. Dans la République démocratique allemande, des fêtes en honneur des deux icones gauchistes étaient déjà organisées et popularisées. Jusqu’aujourd’hui, le Mouvement de libération des femmes, la jeunesse socialiste ou les membres de l’antimondialisation reconnaissent surtout le rôle de Rosa Luxemburg. Politiquement, le Parti communiste d’Allemagne est encore aujourd’hui influencé par l’idéologie de Luxemburg et de Liebknecht, ainsi que le nouveau parti allemand «Die Linke» («La Gauche») qui a rassemblé 11,9% lors des élections fédérales de 2009 en Allemagne. Le Parti social-démocrate d’Allemagne s’est distancé de sa doctrine gauchiste après la Deuxième Guerre mondiale et est aujourd’hui un parti du centre gauche, plutôt orienté vers le centre que vers la gauche. L’USPD n’existe déjà plus depuis la République de Weimar.

    En conclusion, on peut constater que le destin de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg représente l’attitude anti-gauchiste en Allemagne qui a eu lieu jusqu’après la Deuxième Guerre mondiale. Tandis que les forces conservatrices ou d’extrême-droite étaient historiquement toujours présentes et fortes en Allemagne, un groupe gauchiste n’a jamais eu le pouvoir en Allemagne. Jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, les gauchistes allemands étaient même condamnés, poursuivis et tués non seulement par l’extrême-droite, mais même par le régime social-démocrate d’Ebert. Par contre, les icones gauchistes allemandes étaient souvent plus appréciées à l’étranger. La révolution socialiste ou bolchévique d’après les idéaux de Karl Marx et Friedrich Engels s’est par exemple réalisée dans de nombreux pays, les actes de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht étaient souvent bien appréciés à l’étranger aussi. La révolution spartakiste était finalement un échec énorme, car les adversaires de Luxemburg et Liebknecht, qui n’avaient pas réussi à empêcher les actions politiques et intellectuelles des deux, provoquaient finalement un affrontement militaire dont ils savaient qu’ils avaient tous les avantages de leur côté. Une réflexion intéressante pourrait être la question suivante: Qu’est-ce qui aurait pu se passer en Allemagne, si Liebknecht et Luxemburg avaient été couronnés de succès avec leur révolution? Est-ce qu’une Deuxième Guerre mondiale aurait pu être évitée? Est-ce qu’une République socialiste libre d’Allemagne se serait solidarisée avec l’URSS et serait devenu plus tard un poids important lors de la Guerre froide? Cela est une question difficile, car que Rosa Luxemburg s’était toujours prononcée contre une dictature bolchévique et en faveur de la démocratie et n’aurait donc pas voulu faire partie d’un tel affrontement de deux puissances. Mais il est évidemment certain que l’Allemagne n’avait pas de force après la Première Guerre mondiale à rester indépendant face à l’URSS ou des forces alliées. Je pense que ni une démocratie mal imposée par les Alliés, ni une dictature bolchévique sous Lénine et surtout Staline étaient la solution aux problèmes de l’Allemagne. L’Allemagne était par contre tellement affaiblie après la Première Guerre mondiale qu’elle était obligé de se soumettre à n’importe quel régime protecteur et recevait un homme décidé comme Hitler comme un grand sauveur. Avec une personnalité aussi marquante et structurée au sein du mouvement gauchiste, le destin de l’Allemagne aurait peut-être pu changer. Mais les conditions en faveur d’une révolution bolchévique n’étaient tout simplement pas données en Allemagne à l’époque. Pour en conclure, je pense certainement qu’une révolution gauchiste en Allemagne n’aurait jamais pu être victorieuse, car les forces conservatrices étaient toujours prédominantes dans ce pays.

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    Le rapport suivant portera sur la visite qui a eu lieu le lundi 23 novembre 2009, aux Archives nationales du Québec à Chicoutimi. Les premiers paragraphes auront pour but d’expliquer les dates marquantes de cette institution, de décrire l’organisation, la localisation et la clientèle par rapport aux documents présents en mettant aussi le point sur le développement technologique avant de tenter une conclusion qui inclut également mon opinion personnelle.

    Les Archives nationales de la province de Québec ont été créées en 1920. Elles avaient au début uniquement le but de conserver et mettre en valeur des documents gouvernementaux. En 1960, les Archives nationales sont passées dans le champ du ministère des affaires culturelles, qui s’appelait dès 1961 le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec sous la direction de Georges-Émile Lapalme. En 1975, la régionalisation des gouvernements s’est enchaînée et plusieurs déménagements administratifs avaient lieu. On décidait alors d’installer des Archives nationales ailleurs que dans la ville de Québec, par exemple à Montréal en 1975, à Sept-Îles en 1981 et finalement au Saguenay en 1998. En 1983, la Loi sur les Archives était adaptée par le gouvernement, qui contenait des éléments obligatoires sur la gestion et la conservation des documents pour toutes les organisations au Québec, aussi les organisations décentralisées, qui avaient un lien avec l’éducation, la santé ou les municipalités. À partir de 1985, les calendriers de conservation soutenaient cette loi en catégorisant des documents en trois phases, soit le statut actif, le statut semi-actif et le statut inactif. En 2006, la Bibliothèque nationale du Québec et les Archives nationales du Québec ont fusionné pour devenir Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

    Si l’on observe la clientèle dans les Archives nationales du Québec à Chicoutimi, on observe qu’elle composée de 65% de généalogistes et de 35% de scientifiques et étudiants ou de quelques personnes qui font des recherches personnelles. On observe par contre une énorme perte de clientèle à cause du développement de l’internet depuis plus qu’une dizaine d’années et doit donc trouver de nouveaux moyens pour attirer les gens.

    Il y a trois partenaires principaux de la Société historique du Saguenay et de la BAnQ dans la région qui sont en lien avec les Archives nationales du Québec à Chicoutimi. Il s’agit ici de la maison des bâtisseurs à Alma, du CLD Domaine-du-Roy du Lac-Saint-Jean à Roberval et la Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine à Dolbeau-Mistassini. Au total, il y a 34 organismes agréés de la BAnQ au Québec. Les partenariats du BAnQ sont d’ailleurs l’Institut Nazareth et Louis-Braille, La Magnétothèque et BAnQ, ainsi que le Ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles et la Ville de Montréal.

    Par la suite, il y a plusieurs lois qui ont eu une influence majeure sur la conservation des documents au Québec, soit la Loi sur l’accès à l’information et sur la protection des renseignements personnels qui est une loi provinciale, ensuite la Loi sur les droits d’auteur qui est une loi fédérale et finalement la Loi concernant le cadre juridique des technologies de l’information qui est une autre loi provinciale qui a transformé les lois antérieures.

    Un autre élément important pour les Archives nationales du Québec est le développement technologique qui a pour but de conserver les documents. Au début, il n’y avait que des manuscrits orignaux ou des copies écrites, quand les photos en noir et blanc sont devenues un élément important à partir de la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. Par la suite, les technologies ont progressé très vite, les plaques photographiques ont vu le jour, par la suite les microfiches, le polaroid ou encore les feuilles polarisante, les disquettes, les disques compacts, les photos numériques, les disques durs et DVD et les nouvelles nanotechnologies qui ont la conservation et numérisation des documents comme tâches principales. Par contre, certaines technologies se sont montrées beaucoup moins efficaces que les autres comme le polaroid ou les disquettes, mais aussi les disques compacts qui n’ont une durée qu’autour d’une dizaine d’années. C’est pour cette raison que les Archives nationales doivent toujours suivre les développements scientifiques et technologiques modernes  et vivent en adaptation constante. Les coûts pour les appareils nécessaires à lire ou transformer les documents sont d’ailleurs souvent très élevés. On observe des fois aussi une certaine perte de qualité, car les disquettes ou disques durs ne sont par exemple plus lisibles après une vingtaine d’années ou plusieurs copies. Le meilleur moyen est par contre le transfert numérique à numérique qui est durable sont perdre de qualité en comparaison avec les transferts analogues. À part d’une possible perte de qualité, un autre danger pour les archives est la moisissure et les champignons qui peuvent nuire surtout aux documents en papier. Les Archives nationales sont donc obligées de garder une certaine température et humidité dans leurs salles qui est déterminée par des scientifiques et qui doit être préservée en toutes circonstances. Pour certains documents fragiles ou très anciens, le personnel dans les Archives nationales doit utiliser des feuilles protectrices et des gants en caoutchouc ou en coton pour prendre adéquatement soin des plus de deux kilomètres d’archives présents à Chicoutimi. Pour localiser et classer adéquatement tous les documents concernés, il y a un numéro de rangé, un numéro d’article, un numéro de localisation et souvent un numéro de dossier et / ou un numéro d’entrée.

    En conclusion, le travail effectué dans les Archives nationales est très diversifiée, car il ne doit pas seulement s’adapter aux nombreuses lois et aux nouvelles technologies qui ne cessent pas d’augmenter et de se diversifier, mais aussi prendre en considération l’intérêt des gens de la région et les buts du gouvernement municipal et surtout provincial. Les méthodes diversifiées qui tentent à conserver les documents étaient très remarquables et m’ont spécialement marqué le plus durant ma visite généralement très bien animée et intéressante. En ce qui concerne mes recherches personnelles par rapport à mon travail de session, j’ai été très bien accompagné par le personnel et j’ai bien aimé le travail aux archives qui m’a permis de me plonger dans un monde ancien bien intéressant.

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    Le présent travail de session a pour but d’examiner de plus près les gens d’affaires du dix-neuvième siècle à l’exemple de la famille Price, qui a principalement agi dans la région saguenéenne dès 1842 avec l’achat de la «Société des 21» au Saguenay par William Price et loin jusqu’au vingtième siècle. J’aimerais examiner cette époque pionnière de la région en analysant un total de quinze contrats de vente ou d’achat de terre avec la participation de William Price ou plus tard la «William Price and Sons» et après sa mort en 1867 la «Price Brothers and Company», composée de ses trois fils William Evan, Evan John et David Edward Price et menée plus tard par Sir William Price.

     

    Afin de trouver quinze contrats qui démontrent bien le développement de la région saguenéenne et l’ascension de l’empire autour de William Price, je me suis rendu aux Archives nationales du Québec à Chicoutimi. J’y ai examiné près de cinquante contrats d’achats et de ventes en microfiches pour en choisir quinze. J’ai choisi neuf contrats rédigés par le notaire Ovide Bossé et cinq contrats rédigés par Thomas Z. Cloutier, y inclus un contrat de double-vente assez complexe. Les contrats concernés traitent une période de quarante-quatre ans, du premier contrat choisi qui date du 2 juillet 1853 jusqu’au dernier contrat datant du 21 octobre 1897. J’ai donc légèrement excédé la période d’analyse prévue de 1842 à 1880, car je voulais avoir une vue plus large sur le développement économique et régional. J’ai aussi inclus deux contrats qui traitent de ventes ou achats de terre inférieurs à cinquante acres pour observer non seulement les grands contrats, mais aussi des contrats moins significatif pour l’empire autour de William Price, mais d’autant plus important pour les destins des partenaires. En ce qui concerne les contrats, le tout dernier est fait à la machine à écrire, tandis que les quatorze autres sont rédigés à la main. Au début, j’ai éprouvé des difficultés à m’habituer à lire et déchiffrer l’écriture des deux notaires, surtout d’Ovide Bossé qui écrit d’une manière tellement chargée de fioritures que plusieurs lettres se ressemblent et peuvent être interprétées de diverses façons. En plus, malgré plusieurs essais, la qualité des microfiches imprimées n’était pas toujours idéale, car elle était souvent trop pâle ou trop sombre. Le fait que certains mots inclus dans les greffes de notaires ne font plus partie de la langue française courante était également un défi majeur durant la transcription des informations principales sur les fiches que l’on trouve dans l’annexe. Vu que le français n’est pas ma langue maternelle, il y avait même un défi supplémentaire à relever. Un autre travail détaillé et de longue durée était la transformation des unités de mesures différentes en une seule mesure que j’ai effectué pour chaque vente ou achat à la main. Le calcul des superficies ou prix moyens par rapport au quinze contrat me demandait également beaucoup de temps. Finalement, j’ai travaillé sur sept contrats où la compagnie de William Price agit en tant que vendeur et sur huit contrats où la compagnie de William Price agit en tant qu’acheteur, ce qui donne une bonne moyenne équilibrée et représentative selon mes goûts.

    J’ai trouvé ce travail de session intéressant et provocant, car il m’a permis de mieux connaître le développement de la région saguenéenne et de me plonger dans une époque pionnière des hommes d’affaires et du capitalisme libéral en Amérique du Nord et plus spécifiquement au Québec qui a déjà fait allusion au système économique libéral dans lequel nous vivons aujourd’hui.

     

    J’aimerais maintenant brièvement parler de William Price et son empire. Il est né à Hornsey en Angleterre le 17 septembre 1789. À l’âge de seulement vingt ans, il est arrivé au Canada pour la marine britannique. Peu après, il a déjà agi comme agent-acheteur de bois de construction et a décidé de rester au Canada pour y devenir un homme d’affaires indépendant en créant son entreprise «William Price and Company» en 1816. En achetant les propriétés de la «Société des 21» en juillet 1842, il a commencé à s’orienter au développement de la jeune région saguenéenne qui grandi et se développe au fur et à mesure sous sa tutelle. C’est pour cette raison que certains l’appellent même le père fondateur du Saguenay et jusqu’aujourd’hui, beaucoup de routes ou bâtiments dans la région sont nommés en son honneur. William Price s’est associé à l’homme d’affaires Peter McLeod en 1842, mais après sa mort en 1852, William Price a commencé à porter le titre de roi du bois et a ainsi développé un monopole dans ce domaine, tout en amorçant un système de ventes et achats de terre orienté à la structure anglo-saxonne. William Price a ainsi créé de nombreux emplois, mais il a également mis une grande partie de la population régionale sous sa dépendance. Il s’est plus tard associé à trois de ses fils qui ont pris son héritage lors de sa mort qui date du 14 mars 1867. Ce n’est que son petit-fils Sir William Price ou encore William Price III qui a profondément modifié la compagnie en s’orientant dès 1889 vers l’industrie papetière pour produire principalement du carton et du papier de journal qu’il fait exporter aux États-Unis. Sir William Price a ainsi ouvert plusieurs nouvelles compagnies et usines et a même fondé la ville de Kénogami en 1912. La «Price Brothers and Company» a continué d’exister jusqu’en 1974, quand elle s’est fusionnée avec «Abitibi Paper» pour devenir «Abitibi-Price». Ce dernier nom a encore changé lors d’une fusion avec «Stone-Consolidated» pour devenir «Abitibi-Consolidated» en 1997. Cette société canadienne s’est fusionnée avec la papetière «Bowater» en 2007 et existe aujourd’hui sous le nom d’«AbitibiBowater» qui a un effectif autour de 27000 malgré plusieurs problèmes économiques qui ont entraîné une série de fermeture d’usines. L’héritage de William Price a ainsi continué à exister jusqu’à nos jours.

     

    J’aimerais par contre me concentrer sur l’époque de la deuxième moitié du dix-neuvième siècle en analysant de plus près les vendeurs et acheteurs avec lesquels William Price et sa compagnie ont fait affaires. Durant mes études et lectures, j’ai remarqué que la compagnie avait plusieurs concurrents dans la région avec lesquels elle a aussi conclu des contrats. Un nom très courant est John Guay, un écuyer et marchand. J’ai même trouvé un contrat entre les deux qui date du 16 janvier 1869 et dans lequel John Guay vend la moitié d’un lot de terre d’une superficie de cinquante acres, pour le prix élevé de cent vingt-cinq piastres en comparaison avec les autres achats effectués par les frères Price, aux trois fils de William Price qui sont spécifiquement énumérés et mentionnés sur le document, ce qui montre l’importance de ce contrat. Deux autres noms qui ont souvent apparu lors de mes recherches étaient William Blackburn et Maltais Hyppolite. Je suppose alors que ces deux personnages ont également joué un rôle primordial dans la distribution des terres. Les deux écuyers présents dans les contrats examinés sont aussi les seules personnes qui ont toujours pu signer les contrats, mais la compagnie de William Price a surtout fait affaire avec des personnes peu instruites qui ne savaient souvent pas lire et ni signer. Le métier le plus courant dans la région semblait être à l’époque le travail du cultivateur qui est présent sur huit contrats. Sinon, il y avait deux journaliers travaillant pour la compagnie de Price, un conducteur de moulin, un maître charron et un forgeron. Cette étude démontre ainsi les causes du comptoir colonial de la Nouvelle-France qui s’est plus concentrée sur l’exploitation des terres que sur le peuplement. La région saguenéenne étant peu peuplée et peu instruite se laissait facilement dominer et exploiter par l’homme d’affaires anglophone William Price qui s’était concentré spécialement sur le Township de Chicoutimi, car onze sur quinze terres des contrats présents y étaient situées. Ceux qui voulaient faire partie des riches et instruits, comme par exemple Jean Guay, ont même souvent transformé leurs noms en noms plus anglophones, tels que John Guay.

     

    En ce qui concerne les terres vendues et achetées, j’ai pu observer que la plupart des contrats se sont fait en début de l’année, surtout en janvier durant les années 1860. Si l’on regarde la liste des greffes de notaires un peu plus loin, on observe un nombre croissant d’obligations, résiliations et ratifications quelques années après ces ventes massives avant que la situation se stabilise peu à peu dans la prochaine décennie. Cela montre que la plupart des gens ne pouvaient pas accomplir les tâches imposées par la compagnie de William Price. À part des ventes des deux écuyers, on peut constater que les ventes des autres gens concernés étaient souvent dues à des dettes auprès de la compagnie. Cette compagnie a donc souvent racheté les terres qu’elle avait elle-même vendu ou loué quelques années auparavant. Il est aussi remarquable que les prix pour lesquels la compagnie a acheté les terres étaient beaucoup moins élevés que les prix qu’elle-même demandait auprès de ses acheteurs lors d’une vente de terre. Ce phénomène s’est relativisé durant les années 1880. Les prix avaient aussi considérablement augmentés durant la période observée. Les premiers contrats s’étaient souvent faits pour des prix autour de cinquante et maximalement cent piastres, tandis que les prix ont explosés dans les années 1860 et 1870 en allant jusqu’à cinq cent piastres par terre. Le prix moyen pour une terre selon les quinze contrats analysés était de 156 piastres. Tandis que la compagnie de Price avait souvent vendue des terrains vierges, elle a souvent racheté les bâtisses incluses sur les terrains lorsqu’un cultivateur faisait par exemple faillite. La compagnie de Price a ainsi reçu des biens supplémentaires pour des prix peu élevés, tandis que les vendeurs forcés perdaient tous leurs biens et avaient souvent fait des efforts de faire des constructions coûteuses sans en pouvoir profiter. Lors d’une vente de la compagnie de Price, celle-ci se gardait en plus souvent des hypothèques ou se donnait le droit de passage ou la liberté d’effectuer des constructions sur les lots vendus. On peut en constater que la compagnie de Price n’avait jamais effectué une vente totale et qu’elle avait toujours préservé des mesures de sécurité, tandis que cela n’était point possible lorsque les cultivateurs vendaient par exemple leurs terres.

    Une autre preuve pour l’exploitation de la compagnie de William Price auprès la population saguenéenne est le fait qu’un ouvrier forestier ne gagnait que vingt piastres par mois. Vu que les ouvriers et journaliers engagés par la compagnie ne pouvaient souvent pas travailler plus que quatre à cinq mois par année, car il s’agissait d’un travail saisonniers à cause des hivers acharnées dans la région, ils avaient en moyenne besoin du salaire de deux ans de travail pour payer le prix moyen d’une terre, sans compter la nourriture, les vêtements ou les meubles à payer supplémentairement qui contiennent des besoins fondamentaux de la vie. Ce phénomène s’est également un peu relativisé au cours des années 1880 et 1890. En même temps, mais ailleurs au monde, un ouvrier spécialisé gagnait par contre un salaire d’environ trois cent piastres par année, ce qui est donc trois fois plus élevé que le salaire annuel pour un ouvrier engagé par la compagnie de Price. Les gens dans la région étaient ainsi sous-payés et éprouvaient d’énormes difficultés à acheter et cultiver une terre, bâtir des maisons et nourrir la famille. Le fait que la compagnie de Price se souciait peu du destin de la population saguenéenne se démarque aussi par le fait que plusieurs membres de la famille demeuraient à distance de la région, souvent dans la Cité de Québec. Tandis que les vendeurs ou acheteurs saguenéens étaient toujours personnellement présents lors de la lecture et signature des contrats, les membres de la famille Price étaient absents pour beaucoup plus environ la moitié des contrats et se laissaient souvent représenter par des agents anglophones dans les années 1880 et 1890. Lorsque William Price avait encore le contrôle sur la compagnie, il se laissait toujours représenter par un de ses fils restés dans la région et en donnait ainsi l’exemple pour le développement futur.

     

    En conclusion, on peut constater que la présence de William Price et sa compagnie dans la région du Saguenay était primordiale pour le développement de celle-ci. L’influence et l’héritage de l’homme d’affaires anglais est encore présent à nos jours et se retrouve non seulement dans les usines d’«AbitibiBowater», mais aussi dans les nombreuses ruelles, musées et bâtisses nommés en son honneur. D’un côté, William Price a contribué à développer l’économie et la création d’emplois d’une entière région, mais d’un autre côté, le système économique anglo-saxon a éprouvé des difficultés à la population francophone peu instruite qui avait vécu assez librement sur des grands terrains peu couteux en étant des colons dans une région isolée. William a ainsi su tirer ses profits de son monopole économique et est devenu un homme riche en argent et en influence, tandis que les habitants francophones de la région avaient vécu des destins difficiles en lien avec de nombreuses faillites. On peut donc constater que la contribution de la compagnie de William Price était assez diversifiée et partagée pour la région saguenéenne.

     

    Price et Co. agissant en tant que vendeur : 7 fois

    Price et Co. agissant en tant qu’acheteur : 8 fois

     

    Tableau 1. Origine sociale des vendeurs 

    Profession 

    Nombre 

    Cultivateur

    Écuyer

    Journalier

    Conducteur de moulin

    Maître charron

    Forgeron

    8

    2

    2

    1

    1

    1

     

     

    Tableau 2. Origine géographique des acheteurs / vendeurs autres que Price et Co. 

    Lieux 

    Nombre 

    Township / Comté / Canton / Paroisse de Chicoutimi

    Canton de Bagot / Paroisse de Saint Alphonse

    Township de Laterrière

    St Anne

    11

     

    2

     

    1

    1

     

    Tableau 3. Instruction des acheteurs / vendeurs autre que Price et Co. 

    Profession 

    signe/ne sait signer 

    Cultivateur (8)

    Écuyer (2)

    Journalier (2)

    Conducteur de moulin

    Maître charron

    Forgeron

    4 / 4

    2 / 0

    0 / 2

    0 / 1

    0 / 1

    1 / 0

    Total : Signe  (7), ne sait signer (8)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Tableau 4. Regard sur les terres vendues / achetées 

    Lieux (cantons) 

    Nombre de terres par canton 

    Superficie totale par canton (acres) 

    Prix total par canton 

    (Township de) Chicoutimi

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Simard

     

     

     

     

     

    Paroisse de Saint Adolphe

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Township de Laterrière

    10

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    2

     

     

     

     

     

     

    2

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    1

     

    58,5 acres

     

    Inconnue

    58,5 acres

    Environ 20 acres

    50 acres

    12 acres

    50 acres

    77 acres

    Inconnue

    Incertaine

     

     

     

     

     

    50 acres

    100 acres

     

     

     

     

    21 acres et 34 perches, 18 acres et 20 perches + 40 acres et 19 perches, 38 acres, 2 roods et 14 perches

     

     

     

     

     

     

     

    50 acres

     

     

     

     

     

     

     

    50 piastres et 14 sous

     

    100 piastres

    50 piastres

    20 piastres

    267 piastres

    60 piastres

    200 piastres

    500 piastres

    60 piastres

    260 piastres

     

     

     

     

    125 piastres

    100 piastres

     

     

     

     

     

    770 piastres (au total)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    90 piastres

     

     

     

     

     

     

    Tableau 5. Modalités de paiement 

    Prix de chaque terre 

    Paiement de chaque terre 

    Remboursement du solde 

    50 piastres et 14 sous

    100 piastres

    50 piastres

    20 piastres

    90 piastres

    267 piastres

    125 piastres

    60 piastres

    200 piastres

    500 piastres

    770 piastres (4 terres)

    60 piastres

    260 piastres

    100 piastres 

    comptant/ balance

    50 piastres et 14 sous,

    100 piastres, 20 piastres, 267 piastres, 125 piastres, 8 piastres et 66 sous, 500 piastres, 770 piastres, 60 piastres , 200 piastres / 50 piastres, 90 piastres (flexible), 60 piastres, 200 piastres, 60 piastres, 100 piastres 

    Garanties

    Terrain comme garantie (6), Bâtisses sur le terrain (1), Déclaration de solidarité de tous troubles (1), Paiements supplémentaires par rapport au terrain acheté (1), Droits de passage et d’exploitation (1) 

    Intérêt

    6 %, 6%, 7%, 6%,

    7% (en cas de retard) 

    période (en mois) 

    36 mois,  11 mois, 36 mois, 48 mois, 14 mois, 36 mois, 60 mois

    Grand total

    2652 piastres et 14 sous 

    Prix moyen 

    156 piastres

    comptant (montant total) et %

    2100 et 80 sous (78, 95 % de tous les paiements) 

    balance (montant total) et % 

    560 piastres (21, 05% de tous les paiements)

    garanties générales

    10

    intérêt moyen

    6,4 % 

    période moyenne (mois)

     34,43 mois

     

     

     

     

     

     

    Graphique 1. Années des mutations 

     

     

    Nombre de cas 

     

    Années 1850-1859 : 5 cas

    Années 1860-1869 : 2 cas

    Années 1870-1879 : 1 cas

    Années 1880-1889 : 4 cas

    Années 1890-1899 : 3 cas


    Années 1850-1859, 1860-1869 .... 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Graphique 2. Périodes de l'année (mutations) 

     

     

    Nombre de cas 

     

     Janvier : 6 cas

    Février : Aucun cas

    Mars : Aucun cas

    Avril : Aucun cas

    Mai : 1 cas

    Juin : 1 cas

    Juillet : 1 cas

    Août : 1 cas

    Septembre : 1 cas

    Octobre : 2 cas

    Novembre : Aucun cas

    Décembre : 2 cas


    Mois 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 

     

    Cadastre 

    Lieux des mutations

     

    Township de Chicoutimi : 10 cas

     

    Canton Simard : 2 cas

     

    Paroisse de Saint Adolphe : 2 cas

     

    Township de Laterrière : 1 cas

     

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    Le texte suivant a pour but de décrire l’évolution de la science historique à travers le temps et notamment le développement qui a eu lieu au dix-neuvième et vingtième siècle.

    Afin d’analyser les mouvements plus récents, il faut d’abord analyser et mentionner brièvement les origines de la science historique. De l’Antiquité jusqu’au dix-huitième siècle, il y avait deux sortes importantes de la science historique. En premier lieu, il s’agissait de l’histoire profane et en deuxième lieu de l’histoire religieuse. L’objectif de ces deux genres était de montrer la grandeur de certains événements, des institutions publiques ou des personnages qui avaient soit joué un rôle dans ces événements ou soit œuvré à l’intérieur de ces institutions. L’efficacité et professionnalité de la science historique était par contre très faible durant cette époque. La première raison pour ce manque était les sources des historiens qui n’avaient accès qu’aux documents d’archives publiques qui ne contenaient pas toujours les détails les plus importants, si ceux-ci étaient trop bouleversants, et qu’à leurs propres observations personnelles ou des récits de témoins souvent transmis oralement et pas toujours fiables. Un autre problème était que tous les historiens étaient engagés par les pouvoirs publics en Europe entre le quatorzième et dix-huitième siècle et que ces historiens avaient donc souvent un manque de neutralité. Même si les historiens essayaient de rédiger un texte détaillé et critique, celui devait encore passer par la censure de l’État et des Églises. De cette manière, l’histoire et le travail d’un historien étaient souvent limités, modifiés et ainsi falsifiés.

    En Europe, cela ne changeait que vers la fin du dix-neuvième siècle, mais les démarches pour atteindre et développer une nouvelle formule pour une science historique plus vaste et libre étaient longues et dures. Cela commençait déjà partiellement avec la naturalisation des archives de France durant la Révolution française en 1791. L’historien Jules Michelet par exemple, reconnu pour ses œuvres innovateurs et monumentaux comme «Précis d’histoire moderne» en 1827, «Introduction à l’Histoire universelle» en 1831 ou son plus grand œuvre «Histoire de France», rédigé entre 1833 et 1841, dénonça plus tard la trahison de l’Église romaine face au peuple dans ses trois œuvres «Des jésuites» en 1843, «Du prêtre, de la femme, de la famille» en 1845 et finalement «Le peuple» en 1846 et se mettait à introduire ses propres opinions et sa philosophie dans ces œuvres. Cela avait pour conséquence que le clergé français décida de détruire la carrière publique de l’auteur et d’interdire ses cours. Quand Michelet refusa plus tard aussi de prêter serment à l’Empire après le coup d’État de Napoléon III, il perdit même sa place aux Archives. Mais malgré les restrictions encore bien existantes après la Révolution française exercées par l’État et le clergé, Michelet continua à travailler et parla plutôt des sujets moraux et philosophiques et contribua ainsi largement à l’émancipation de la science historique. En même temps, la création de l’École nationale des chartes en 1821 et la première publication de la «Bibliothèque de l’École des chartes» en 1839, une des plus anciennes revues scientifiques françaises, eut également une influence majeure sur le développement de la science historique et renouvela dès 1849 la pédagogie et méthodologie de la recherche historique, car ses élèves reçurent dès maintenant un enseignement diversifié. Malgré quelques difficultés et oppositions au début, l’École nationale des chartes obtint un certain «monopole chartiste» dans la deuxième moitié du siècle. Entre 1870 et 1930, une école dite méthodique se développa en France et reforma encore la science historique grâce au travail pionnier de l’École nationale des chartes et l’influence de Michelet que l’on peut même nommer l’un des plus grands historiens de tous les temps. Cette école mit l’accent sur le contexte culturel des historiens autant que l’École des chartes, mais aussi sur la réflexion historique, sur les réalisations exercées suite à des formations et publications et finalement sur le point de la critique intérieure, qui porte sur la cohérence des textes, et extérieure, qui porte sur l’authenticité des sources, développé par les historiens Charles-Victor Langlois et Charles Seignobos. En tout, il devenait plus important d’analyser soigneusement chaque source étudiée par un historien soigneusement éduqué et cultivé.

    À partir de 1930, l’évolution de la science historique fut largement influencée par l’École française des Annales. Autour de cette date, l’histoire était confrontée à une crise à la fois morale, intellectuelle et institutionnelle. Ces incertitudes s’expliquaient par la révolution einsteinienne, une nouvelle réalité et atmosphère sombre entre les deux guerres mondiales et surtout la crise de recrutement aux universités qui était en lien avec le vieillissement des professeurs devenus peu favorables à l’innovation. C’est dans ce contexte que l’historien Lucien Febvre prit conscience de sa responsabilité d’historien et fonda alors avec l’historien Marc Bloch l’École française des Annales. Celle-ci avait pour but de rejeter le déterminisme de l’école dite méthodique en le remplaçant par le possibilisme, théorisé par le géographe Paul Vidal de La Blanche. En faisant cela, l’École des Annales développa «l’histoire-problème» en expliquant, analysant et critiquant l’évolution accélérée des sociétés. Cette école ne vit pas en l’histoire une description, mais bien une explication de quelque chose. L’école prévit le développement d’une analyse approfondie grâce aux autres disciplines et des termes comme la psychologie, géographie ou sociologie historique se sont ainsi établis. L’École des Annales, fondée sur les quatre points de l’évolution et pensée, les réalisations en lien avec des formations académiques et publications, les influences en Occident et les critiques mit surtout l’accent sur ce dernier point et distingua quatre critiques au lieu de deux de l’École méthodique. Ces quatre sortes de critique étaient l’histoire qui est devenue une discipline spécialisée avec une méthodologie rigoureuse, l’histoire qui cohabite avec les sciences connexes, la forme de culte envers les fondateurs, les héros et finalement l’intérêt envers le militaire et les guerres. Cette nouvelle école comportait donc une évolution de la méthodologie ainsi qu’un changement de sources et questionnements. Cette nouvelle école éprouvait par contre des problèmes à s’établir, car plusieurs personnes importantes pour son développement, tel que le sociologue Maurice Halbwachs ou le cofondateur de l’école, Marc Bloch, mouraient durant la Deuxième guerre mondiale. Beaucoup d’historiens furent emprisonnés et exécutés et on peut ainsi parler d’une mise en veille de la science historique. Ce n’est que dans la deuxième moitié du vingtième siècle que la science historique pouvait encore une fois s’émanciper et mettre adéquatement en œuvre les théories de l’École française des Annales. Après 1970, la science historique se développa encore une fois davantage avec le développement d’une mentalité historique au sein de la population causé par les mouvements de l’année 1968 et une ouverture de la science historique aux femmes.

    En conclusion, on peut constater que la science historique n’avait pas beaucoup évolué pendant des millénaires avant de s’émanciper et changer plusieurs fois en seulement deux cents ans, à partir de la Révolution française jusqu’aux révoltes de l’année 1968. Il est donc fortement probable que la science historique évoluera encore dans le futur et que ces changements seront en lien direct avec les changements au sein de la société et ses pensées, ce qui rapprochera la science historique de la vie de tous les jours et causera une ouverture sociale envers cette science de plus en plus diversifiée. 

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